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histoire des églises et chapelles de lyon

d’orfèvrerie religieuse, œuvres de M. Armand-Caillat : un reliquaire offert en 1890 à Mgr Gourgout, curé de la paroisse, lors de la célébration de ses noces d’or sacerdotales, et surtout l’ostensoir composé en 1886 avec un très riche écrin de diamants et de pierres précieuses léguées à la paroisse par une généreuse bienfaitrice et merveilleusement enchâssées dans l’œuvre vraiment géniale du grand artiste lyonnais. Les quatorze tableaux du Chemin de la croix (1895), formés de plaques de cuivre gravées, champlevées et émaillées au feu, sont également une création de M. Armand-Caillal, quia su y traduire avec les ressources de son art original, l’émotion ressentie au spectacle des grandes scènes de la passion du Sauveur. Dans la chapelle du Sacré-Cœur sont exposées de nombreuses reliques de saint François de Sales.

L’année 1900 ramenait l’anniversaire, après soixante années, de l’ordination du vénérable curé de la paroisse. À l’occasion de ses noces de diamant sacerdotales, ses paroissiens lui ont offert pour son église, avec le produit d’une souscription, un nouveau baptistère dont l’exécution fut confiée à M. Sainte-Marie Perrin. Le monument, composé par l’éminent architecte dans le style de l’église, est décoré d’une très belle statue en bronze de saint Jean-Baptiste, œuvre du sculpteur Dubois, surmontée de cette inscription : Joan, in deserto baptisans baptismum pœnitentæ in remissionem peccatorum, et de deux écussons, ’un aux armes du cardinal Coullié, archevêque de Lyon, qui a béni le baptistère le 2 mai 1900 ; l’autre, aux armes du cardinal Penaud, évêque d’Autun, membre de l’Académie française, qui fut baptisé à Saint-François le 7 février 1828. Enfin, une inscription rappelle que les registres des baptêmes de la paroisse, entre autres noms illustres dans la cité, portent, à la date du 18 avril 1826, celui du P. Antoine Chevrier, le saint fondateur de la Providence du Prado.


CALVAIRE

Pendant que d’anciens ordres religieux disparaissaient, beaucoup de nouvelles communautés se sont fondées dans notre ville, créatrices d’œuvres charitables, comme cette maison du Calvaire qui compte parmi les plus généreuses.

Il était digne de Lyon, qui garda jadis tant d’institutions antiques de l’Église, non sans y mêler de nouvelles œuvres, de Lyon qu’un docte auteur du xviie siècle appelait : « la ville sainte des conservations et des rénovations », — de montrer au monde moderne si épris de fausses nouveautés cet archaïsme-ci : une veuve chrétienne renouant l’esprit et les travaux des veuves des premiers âges ecclésiastiques, retrouvant, par une intuition de son cœur généreux, fortifié et purifié au creuset des douleurs, celle tradition divinatrice et créatrice en matière de charité « la plus belle matière qui soit pour la vraie poésie qui est celle du cœur actif, » suivant le mot de Louis de Grenade. On avait à peu près oublié que les veuves, dans la primitive église, formaient un ordre que saint Jérôme