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histoire des églises et chapelles de lyon

souvenir des malheurs passés et la crainte de les revoir un jour, firent naître la pensée de créer un établissement permanent pour le soulagement des pauvres ; et le 18 janvier 1533, les organisateurs de l’œuvre de lo31, réunis au couvent des Cordeliers de Saint-Bonaventure, résolurent de consacrer à l’institution projetée les quelques fonds qui leur restaient en caisse. Ce fut le commencement de l’Aumône générale. Au début, l’œuvre se bornait à des distributions de secours à domicile ; elle recueillait les enfants légitimes abandonnés ou orphelins, plaçait les garçons au prieuré Saint-Martin de la Chana et les filles à l’hôpital Sainte-Catherine ; plus tard, elle se fit céder par les recteurs de l’Hôtel-Dieu, la jouissance de l’hôpital Saint-Laurent. Le bureau central de l’Aumône fut installé provisoirement dans des bâtiments voisins de 1 hôpital Sainte-Catherine qui devinrent l’hôtel du Parc.

À mesure que l’Aumône générale élargissait le champ de son action bienfaisante, les misères à soulager se multipliaient, et le zèle de ses recteurs, soutenu par la charité lyonnaise et le concours des autorités locales, entreprit la création d’un vaste hospice où l’œuvre pourrait établir son siège et grouper ses divers services. Des lettres patentes du roi Louis XIII, en date du H décembre 1614, autorisèrent l’Aumône générale à acquérir de vastes terrains, sur le bord du Rhône, dans le quartier de Bellecour. Un premier plan des bâtiments à élever fut présenté au bureau des recteurs, le 12 octobre 1616, par le père Martellange Jésuite, et remis par lui à l’un d’eux, Pierre Picquet, qui reçut mandat de l’accommoder et fut ensuite chargé de le mettre à exécution, en s’aidant des conseils de son premier auteur, après l’avoir soumis à messieurs les élus de l’Aumône générale, à l’archevêque, au gouverneur, aux chanoines comtes de Lyon et à messieurs du présidial. Le plan fut aussi exposé au Change, pour être vu du public ; il a été gravé par le sieur Roux, qui reçut pour ce travail 40 livres, et joint au règlement de 1628.

Les bâtiments projetés formaient un vaste quadrilatère avec des corps de logis limitant neuf cours dont une seule, celle du milieu, était entourée de constructions sur les quatre côtés ; les huit autres devaient présenter chacune un côté ouvert au soleil pour favoriser l’aération. Chaque corps de logis était longé sur une de ses faces, et à tous les étages, par un portique ouvert. L’église devait être édifiée à l’angle nord-ouest, orientée suivant l’usage. C’est bien, dans l’ensemble, la disposition actuelle des lieux, sauf que les quatre faces du périmètre ont été entourées de bâtiments qui forment une clôture continue autour des cours, dont un côté, suivant le plan primitif, devait rester ouvert. Quant au plan de l’église, il ne paraît pas résulter des procès-verbaux des séances du bureau, que le père Martellange y ait collaboré.

Le 3 décembre 1615, l’Aumône générale procédait, sur le terrain où devait être construit l’hôpital, à l’érection d’une grande croix bénie par l’archevêque Denis-Simon de Marquemont, et apportée processionnellement à travers la ville depuis l’hôpital Saint-Laurent, avec le concours des pauvres de cet établissement, des recteurs de l’Hôtel-Dieu et de l’Aumône, enfin d’une grande foule de peuple. Quelques jours après cette cérémonie, le 20 décembre 1615, eurent lieu l’inauguration et la bénédiction par l’archevêque, d’un