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histoire des églises et chapelles de lyon

tion d’un corps de logis. Le 16 janvier 1617, M. Sève de Fromerite, conseiller du roi, président des trésoriers de France de la généralité de Lyon, procéda à la pose de la première pierre du bâtiment offert par lui « proche de la chapelle du cousté de bize ». Il y eut donc dès le début une chapelle provisoire, avant la construction de l’église actuelle fondée seulement le 8 décembre 1617. Les autres corps de logis, mis en travail successivement, furent offerts par le recteur Pierre Picquet, M. de Saint-André, trésorier de France, la corporation des marchands drapiers, Guillaume Charrier (6.000 livres) ; la colonie des Suisses et des Allemands résidant à Lyon (14.000 livres) ; les sieurs Pellot et Poculot ; l’imprimeur Horace Cardon ; le gouverneur de Neuville d Ilalincourt ; et un groupe de sept bourgeois lyonnais : André et Philippe Gueston, Jean-Baptiste Murard, André Ollier, Jean Dubois, Constance Murard et Jérôme Lentillon ; Jean Cléberg fut un des premiers et des plus généreux bienfaiteurs.

Deux dons, l’un de 5.000 livres de Mgr de Marquemont, archevêque, l’autre de 6.000 livres de MM. les chanoines comtes de Lyon furent affectés spécialement, suivant l’intention des donateurs, à l’érection de l’église, dont la première pierre fut posée le 8 décembre 1617, comme en fait foi le procès-verbal de la cérémonie rédigé en ces termes : « Le 8e jour du mois de décembre 1617, après midy, jour et fête Conception Notre-Dame, en conséquence des dons et charités qu’il a plu à monseigneur le révérendissime archevesque et messeigneurs les comtes chanoines et chapitre de l’église de Lyon faire pour l’édiffication de l’esglise, au bâtiment des pauvres enfermés, au lieu de Bellecour, après que les mesures ont été prinses et le priffaict passé aux massons pour la closture de ladicte esglise, convocation faite de monseigneur le gouverneur et de tous les corps de la ville, la première pierre des fondations de ladite esglise, a été mise par M. de Crémeaux, comte et précenteur de l’église de Lyon, et l’ung des sieurs recteurs de ladicte aulmosne ».

Mais si la première pierre de l’église de la Charité fut posée le 8 décembre 1617, en réalité la construction de l’édifice ne fut commencée qu’en 1620. On lit en effet dans le procès-verbal d’une des séances du bureau de l’Aumône de l’année 1620 qu’Antoine Picquet, ex-recteur, s’excuse pour ne pas s’être rendu au bureau, où il avait été mandé au sujet de la construction de l’église des pauvres enfermés « néanmoins a commencé et désire continuer ung nouveau desseing dudict basliment, qu’il fera voir dans peu de jours. » Le procès-verbal d’une séance suivante du bureau des recteurs mentionne la comparution d’Antoine Picquet « qui a rapporté un modèle et nouveau desseing pour l’esglise dudict bâtiment lequel a été présenté aux maistres maçons et charpentiers, à ces fins assemblés au bureau… et au surplus, ledict sieur Picquet a esté remercié par tout le corps de l’aulmosne et prié de continuer ».

Le 7 janvier 1621, les murs de l’église étant fondés, Antoine Picquet propose une modification au plan primitif, qui ne comportait d’abord qu’une seule nef de toute la largeur du bâtiment. Afin de n’avoir pas à construire une voûte d’une si grande portée, et aussi pour dissimuler l’irrégularité du plan du bâtiment qui est plus large du côté de l’autel que du côté de l’entrée (ce qu’il est facile de constater à la simple inspection des