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la charité

lieux), on décide que l’on construira des bas côtés, séparés de la grande nef par des arcades supportant galeries et tribunes. Le nouveau projet, avant d’être exécuté, est approuvé par l’archevêque et messieurs du chapitre Saint-Jean.

Mais les travaux commencés marchent lentement. Les ressources pour tant de dépenses sont insuffisantes. Le 6 mars 1622, les recteurs font une entente avec les entrepreneurs de la maçonnerie et de la pose des pierres de taille, leur payant un acompte de 800 livres et promettant d’en payer un autre semblable huit jours après Pâques, si, à cette époque le bâtiment est conduit jusqu’à la couverture. Vers le même temps une convention est passée avec Jacques Gentillâtre, maître architecte, pour l’exécution du plan du portail de l’église tel qu’il a été préparé par le sieur Picquet et approuvé par le bureau et les bienfaiteurs de l’œuvre, l’archevêque et messieurs du chapitre.

Au mois de juin 1622, le nouvel hospice est prêt à recevoir ses hôtes. Le lundi 20 juin, on procède au transport à l’hôpital Notre-Dame de la Charité, des pauvres de l’hôpital Saint-Laurent, construit par l’illustre famille de Gadagne, près du port Saint-Georges. On commence par les femmes, les filles et les petits enfants : beaucoup sont trop malades ou trop jeunes pour pouvoir marcher ; le transport se fait sur des bateaux qui descendent la Saône depuis la Quarantaine jusqu’au confluent et sont ensuite remorqués sur le Rhône pour atterrir en face du nouvel hôpital. On continue les jours suivants ; on déménage par la même voie le matériel hospitalier, et le vendredi 24 juin 1622, fête de saint Jean-Baptiste, le service divin est célébré, pour la première fois, dans l’église Notre-Dame de la Charité, par M. de Vennes, chanoine comte de Lyon. Les recteurs et les pauvres de l’hospice y font la communion, puis assistent à la bénédiction des divers corps de logis.

En 1627, le bureau des recteurs décide la construction de la sacristie avec une chambre au-dessus pour le logement du prêtre desservant la chapelle, de l’escalier qui met l’église en communication avec l’hospice, et d’un clocher provisoire « conforme et semblable à celui qui est en l’église du noviciat des Jésuites appelé Saint-Joseph », où l’on installe quatre cloches fournies par le fondeur Pierre Recordon. Le clocher actuel ne fut édifié que quarante ans plus tard en 1667 : cette année-là, il est payé à Alexandre Corbenslach, maître chaudronnier, la somme de 4.040 livres pour la croix de cuivre doré qu’il a faite pour le clocher de l’église de la Charité et à Nicolas Persin et Jean-Baptiste Tisseur, maîtres ferblantiers, 450 livres tournois pour l’œuvre de ferblanterie de la couverture du grand et du petit dôme du clocher, et 67 livres 4 sols pour fourniture de 192 feuilles de fer blanc employées pour la pose de la croix. D’après les comptes de 1666, le maître maçon Jacques Abraham dit la Liberté, construisit le clocher, dont le plan, au dire de Brossette, aurait été donné par le Bernin, de passage à Lyon, lors de son retour en Italie, d’où Louis XIV l’avait fait venir, en 1665, pour le consulter sur la restauration du Louvre.

Il est fait mention dans les comptes de l’hospice, en 1731, d’une somme de 1.000 livres payée à la veuve du statuaire Marc Chabry, à compte du prix des marbres fournis pour la balustrade du chœur de l’église et d’une somme de 450 livres payée au sculpteur