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la charité

vocable de Notre-Dame des Vertus, et des balustres fermant la chapelle, dans laquelle ladite dame, décédée le 2 octobre 1629, fut ensevelie.

Comme la plupart des monuments religieux de la ville, l’église de la Charité a subi de graves dommages et fut pillée pendant la Révolution. Au commencement du siècle dernier, elle fut l’objet d’importantes restaurations : en tête de la liste des souscripteurs qui donnèrent de l’argent pour y pourvoir, figure Mme de La Barmondière pour 6.000 francs. Le bas-relief du tympan du portail, qui représente un pélican, symbole de la charité, date de 1838 ; un sujet semblable avait été sculpté à la même place en 1665 par un artiste lyonnais, Nicolas Lefebvre, qui reçut, pour ce travail, 50 livres. La chaire à prêcher en bois peint, en imitation de marbre, est du commencement du xixe siècle.

La Charilé. bas-relief de Legendre-Héval. (Façade de la Charité.)

Parmi les cérémonies religieuses, célébrées en l’honneur des bienfaiteurs dans l’église de la Charité, la plus éclatante fut sans doute la pompe funèbre du maréchal duc de Villeroy, gouverneur de la province, bienfaiteur de l’hospice, qui eut lieu le 14 septembre 1730. La description en fut imprimée la même année, avec l’oraison funèbre prononcée par le père Renaud, Dominicain. Les frais du service s’élevèrent à la somme de 5.089 livres 8 sous.

L’église de la Charité n’offre rien à l’extérieur qui attire le regard, sauf le clocher assez pittoresque à l’angle de Bellecour ; la simplicité de l’édifice construit avec l’argent donné pour les pauvres convient à sa destination. A l’intérieur, on remarque surtout les bas-reliefs, les bustes et les inscriptions appliqués à ses parois, qui rappellent la mémoire de quelques-uns des généreux bienfaiteurs de l’hospice. Les monuments de ce genre qui, autrefois, ornaient en grand nombre nos églises, sont devenus rares depuis que la rage des démolisseurs s’est acharnée contre eux. Ceux de l’église de la Charité ont eu la bonne fortune d’y échapper. En voici l’énumération, en commençant à droite de l’entrée.

Le buste en marbre blanc de Jacques Moyron, dans un encadrement de marbre noir, appliqué au revers de la façade, rappelle le nom d’un Lyonnais, fils d’un pauvre tailleur de la paroisse Saint-Nizier, qui fut un avocat célèbre, devint possesseur de la seigneurie de Chavatrneux et de la baronnie de Saint-Trivier en Dombes, fut ensuite lieutenant général de la sénéchaussée, puis conseiller du roi ; il mourut sans postérité en juin 1656, âgé de 81 ans et choisit pour héritiers les pauvres de l’Aumône générale, aujourd’hui hospice de la Charité. Puis viennent les monuments de Marc Panissot, Jean-Baptiste Trimaud, Jean-Pierre Giraud, Mathieu Chabert, Françoise Reynon, décédés en 1737, 1750, 1762, 1763, 1775. L’épitaphe du cardinal Denis-Simon de Marquemont, archevêque de Lyon, mort en 1626, surmontée de ses armes, est la plus rapprochée de la chapelle de la Croix, où se trouve sa sépulture.