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histoire des églises et chapelles de lyon

À l’entrée de la chapelle de la Sainte-Vierge se lit l’épitaphe du cardinal de Richelieu, archevêque de Lyon. Alphonse-Louis du Plessis de Richelieu, né à Paris en 1582, fils de François et de Suzanne de la Porte, frère du cardinal de Richelieu, ministre de Louis XIII. fut nommé évêque de Noyon, au décès de son oncle Jacques du Plessis, prit l’habit des Chartreux en 1602, fut nommé archevêque d’Aix eu 1625, puis archevêque de Lyon en 1628 et grand aumônier de France en 1632. Il avait choisi sa sépulture dans l’église de la Charité par son testament du 20 mars 1653, en donnant pour cela six cents livres. Son épitaphe fut rédigée par l’abbé Gérente sauf la fin composée par lui-même où il dit quêtant né, ayant vécu et étant mort pauvre, il a voulu reposer auprès des pauvres. Le cardinal de Richelieu mourut en 1661 et fut enseveli sous les dalles de la chapelle de la Vierge. En 1891, on ouvrit le caveau et dans le cercueil de plomb presque intact on trouva la tête, les tibias des deux jambes et une pelletée ou deux de poussière.

Suivent les inscriptions de Claude de Chavaune, de l’abbé Antoine-Barthélémy de Lacroix de Laval, de Claudine Valette, de Simon Fornier, protestant converti, décédés en 1804, 1822, 1870, 1878. Enfin deux inscriptions placées dans la sacristie rappellent les noms de deux autres bienfaiteurs Antoine Dessartine et Claude Yon avec les dates de 1667 et 1686.

Il reste à signaler dans l’église de la Charité les superbes vitraux modernes sortis de l’atelier du maître verrier lyonnais, M. Lucien Bégule, qui décorent les baies des deux nefs latérales et la grande rosace de la façade. On y voit, peinte sur verre, l’histoire de la fondation et les développements successifs de l’hospice de la Charité. Voici la description de ces vitraux, en commençant par ceux du collatéral de droite.

I. — 19 mai 1531. — Plusieurs milliers de pauvres des provinces voisines à Lyon, sont nourris par la charité lyonnaise et abrités sous des cabanes dans le pré du monastère d’Ainay. « Ce qui fit que les provinces voisines pour se décharger d’une telle misère, remplirent quantité de bateaux de leurs pauvres affamés et les exposèrent à l’aventure sur les rivières du Rhosne et de la Saosne sans autre guide que la Providence divine, laquelle n’abandonna point cette misérable flotte el la fit aborder dans Lyon. À cette arrivée inopinée et à un si misérable spectacle, le peuple accourant sur les bords, on recogneut que c’étaient de pauvres affligés qui tendaient les mains, criant : nous mourons de faim, messieurs, secourez-nous. Les Lyonnais ayant pitié les receurent à bras ouverts ». — « On remarqua même que les petits enfants de la ville embrassaient les étrangers qui étaient de leurs âges, et, s’ils avaient du pain eu la main, ils leur donnaient comme si dès longtemps ils se fussent cogneus ; et les présentaient à leur père et mère et même les priaient de les recevoir à leur maison. »

II. — 23 janvier 1533. — Sur la proposition de Jean Broquin, l’Aumône générale est fondée à Lyon. Assemblée générale des corps de la ville et principaux notables au couvent des Cordeliers. Jean Broquin y propose de fonder, par des souscriptions volontaires, un établissement fixe pour le soulagement des pauvres, ce qui est accepté. Le reliquat ou solde en caisse, provenant des secours obtenus pour la famine de 1531 était de 396 l. 2 s. 7 d. Jean Cléberg fut le premier souscripteur.