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le grand séminaire

aucun d’eux n la refusa. Voici sur quoi elle reposait. Chaque curé est tenu par sa charge d’âmes de célébrer la messe pour ses fidèles tous les dimanches et fêtes d’obligation, sans qu’il ait la liberté, ces jours-là, de substituer une intention privée à l’intention paroissiale et de toucher un honoraire. Depuis le Concordat, on s’en tenait en France à la lettre précise de la loi et on considérait l’obligation, comme étant seulement imposée les cinquante-deux dimanches et les quatre fêtes chômées. La congrégation des Rites décréta que cette interprétation n’était pas licite, et elle rétablit la célébration du Saint Sacrifice pro populo aux anciennes fêtes supprimées, dont le nombre varie de 27 à 30 annuellement.

Mgr Dufêtre, évêque de Nevers. (Élève du Grand Séminaire).

Le pape, dans sa souveraine bienveillance, accorda la suspension temporaire de ce décret, pour une période de dix ans, avec clause que la taxe de la messe rétribuée serait intégralement versée à Saint-Irénée. En possession de ce rescrit, on reprit les travaux et le temple fut prêt à être livré au culte pendant les vacances de 1867. On choisit, en novembre , le dimanche anniversaire de la Dédicace des églises de France pour en solenniser la consécration. Le cardinal de Bonald, malgré son grand âge et ses fatigues, vint la présider ; il fut assisté de Mgr de Charbonel, de l’ordre des Capucins, ancien évêque de Toronto, jadis, avant de passer aux États-Unis, professeur et économe du séminaire de 1826 à 1833.

Les chants de la grand’messe furent pour la première fois exécutés en faux-bourdon. Peu à peu ce qui manquait à l’ornementation et à la décoration prit la place qui lui avait été préparée, sans rien introduire dans les détails qui changeât l’ensemble et ses harmonieuses lignes. Nous citerons les grandes orgues, composées de quatorze jeux, des facteurs Merklin et Cie, inaugurées le 19 septembre 1869 ; un tabernacle portatif, belle œuvre d’orfèvrerie d’Armand-Caillat, chargé d’émaux et de pierreries ; le cancel autour du maître-autel et les lustres en bronze doré ; les boiseries sorties des ateliers de MM. Bernard et Perrin ; la statue de la Mère de Dieu, bénite par le cardinal Caverot le 21 novembre 1878, réplique par l’artiste lui-même de l’œuvre que possède Notre-Dame de Feurs, une des plus touchantes productions du ciseau si chrétien de Bonnassieux, don de M. Captier, directeur de Saint-Irénée, plus tard procureur de sa Compagnie à Rome et successeur de M. Icard dans la supériorité générale ; les peintures décoratives, exécutées par M. Tolet, avec un coloris brillant ; enfin l’installation de la lumière électrique.

Sans passer en compte la plus grande partie de l’ornementation, provenant de libéra-