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les recluseries

de la porte de ce nom au quartier des Terreaux ; Saint-Sébastien sur la colline de ce nom ; Saint-Irénée ou Saint-Clair du Griffon, d’abord Sainte-Blandine, puis Saint-Irénée, près du Rhône, au bout du pont Saint-Clair, enfin Sainte-Hélène près du Rhône, à l’entrée de la rue de ce nom, dans le quartier d’Ainay.

Recluserie Saint-Barthélémy en 1550.

La principale époque des Recluseries fut les xie, xiie et xiiie siècle, pendant lesquels des femmes y faisaient la majorité, selon qu’en témoignent les actes et les obituaires. Citons : Emma, morte le 24 janvier 1106, après six années environ de réclusion ; Sina, recluse de Saint-Vincent, qui légua sept livres pour son anniversaire, une aube et un manteau au réfectoire de Saint-Paul ; Raimua, recluse de Saint-Epipoy, qui laissa seize livres et dix sous pour son anniversaire ; la recluse Blesmuers ; la recluse Constantine, qui mena dix ans la vie anachorétique ; la recluse Leluisa, qualifiée de remarquable servante de Dieu. D’autres actes du mentionnent encore des recluses à Saint-Irénée, à Saint-Clair du Griffon, à Saint-Barthélemy.

Au xive siècle, elles furent presque toutes remplacées par des reclus et c’est une erreur de croire qu’avant comme après cette date, les recluseries furent divisées en recluseries d’hommes et recluseries de femmes : la même recluserie était occupée successivement par un pénitent ou une pénitente. Elles étaient la propriété particulière d’une église ou d’un monastère voisin qui en disposait à son gré ; celles de Saint-Épipoy, de Saint-Barthélémy et de Saint-Vincent dépendaient de la collégiale Saint-Paul, celle de Saint-Marcel appartenait aux chanoines de Saint-Ruf de la Platière, celles de Saint-Irénée et Saint-Clair du Griffon à l’abbaye Saint-Pierre, celles de Saint-Sébastien et de Sainte-Hélène à l’abbaye d’Ainay, celle de Sainte-Marie-Madeleine à l’église Saint-Georges, celles de Sainte-Marguerite, de Saint-Martin-des-Vignes et de Saint-Clair-sous-SainteFoy dépendaient des chanoines de Saint-Just ou de Saint-Irénée ; au spirituel et au temporel le propriétaire intervenait toujours.

La nomination du reclus se faisait par lettres, avec des conditions expressément stipulées ; l’installation se conformait au cérémonial, soit transcrit dans un rituel, soit traditionnel. Saint-Paul avait choisi le dimanche pour cette cérémonie, dont voici les phases. Le postulant devait se trouver au commencement de l’aspersion à droite du chœur, un peu au-dessous du chamarier vêtu de sa chlamyde ou de son manteau, capuce en tête, accompagné d’un autre reclus. Pendant l’aspersion, il se tenait debout, dans une humble posture, après quoi il se joignait, avec son compagnon, à la procession et entrait au