Page:Martin - Histoire des églises et chapelles de Lyon, 1908, tome I.djvu/233

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saint-épipode

appelée depuis Saint-Irénée de la rive du Rhône et Saint-Clair du Griffon, était une des stations où s’arrêtait la châsse des reliques promenée solennellement dans la ville ; on sait d’une source lui peu postérieure que Saint-Vincent était une autre station et que les prêtres de ces deux églises devaient porter la châsse ; si donc, il fut un temps où plusieurs prêtres desservaient Saint-Vincent et Saint-Irénée, ces églises ne furent pas d’abord de simples recluseries.

D’autre part Saint-Sébastien était un très ancien prieuré dépendant de l’abbaye d’Ainay, qui en reçut confirmation du pape Eugène III, le 26 février 1153, et fut supprimé en 1251 par l’évêque d’Albano, légat d’Alexandre IV, qui en unit toutes les dotations à la mense abbatiale. Saint-Épipoy faisait partie, en 984, du patrimoine de l’église métropolitaine de Lyon : les chanoines de la cathédrale et les desservants de Saint-Étienne et de Sainte-Croix s’y rendaient processionnellement, la veille de la fête patronale et chantaient le Miserere dans le cimetière ; en 1189, les chanoines de Saint-Jean cédèrent à ceux de Saint-Paul, du consentement de l’archevêque Jean de Bellesme, l’église Saint-Épipoy n’en réservant que la directe et une rente de dix sous et une livre de cire, mais à la condition d’y assurer le service divin et de fournir le vin aux clercs de la cathédrale lorsqu’ils y viendraient en procession.

Au temps de saint Remy, archevêque de Lyon, vers 860, il existait, auprès du cloître de l’église Saint-Paul, alors abbatiale, une chapelle dédiée à saint Genis, qui disparut quand Saint-Paul devint paroisse, mais non sans laisser son nom à une obéance, comprenant la recluserie Saint-Barthélémy et des revenus assignés sur les immeubles voisins, ce qui signifie qu’en éteignant le titre de paroisse Saint-Genis, on avait changé le vocable de l’église, comme on faisait si souvent, en substituant celui de Saint-Barthélemy à celui de Saint-Genis. C’est pourquoi jusque dans la seconde moitié du xvie siècle, cette recluserie est fréquemment appelée, dans les titres particuliers à l’église Saint-Paul, la recluserie Saint-Barthélémy et Saint-Genis. Il ne serait pas plus difficile de montrer que la chapelle et recluserie Sainte-Marie-Madeleine perpétuait l’église monacale de Saint-Georges, sinon la paroisse même de Sainte-Eulalie que répara Leidrade.

SAINT-ÉPIPODE

Il vient d’être question à plusieurs reprises de la Recluserie Saint-Épipoy ; voici l’origine de cette appellation et l’histoire de sa chapelle.

Parmi les confesseurs de la foi des premiers siècles lyonnais, deux se rattachent plus intimement à la paroisse Saint-Paul, saint Épipode ou Épipoy et saint Alexandre, martyrisés en 178. Une étroite amitié les liait ainsi qu’une commune origine grecque. Durant la persécution de 177, ils se réfugièrent chez une pauvre veuve, du nom de Lucie, à