Page:Martin - Histoire des églises et chapelles de Lyon, 1908, tome I.djvu/276

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histoire des églises et chapelles de lyon

vestibule de trois autres cachots et d’une voûte souterraine menant, selon les uns, jusqu’au théâtre, qui se trouvait sur l’emplacement occupé plus tard par les Pères Minimes, et, selon d’autres, servant à conduire les martyrs près des empereurs.

« Deux choses frappent encore aujourd’hui le visiteur dans cette prison. À droite, l’enfoncement où saint Pothin fut étouffé, excavation si petite et si incommode qu’on n’y peut être ni debout, ni à genoux, ni couché ; puis, au milieu, la colonne de pierre, formée de tronçons concentriques, au-dessus de laquelle une boucle, fixée à la voûte, apparaît à moitié rongée par la rouille. La crypte, qui est contiguë à la prison et qui communique à la cour du cloître par un escalier moderne devenu l’entrée principale, faisait partie de cette réunion de cachots. Elle a été ainsi agrandie et modifiée en 1854, afin de pouvoir contenir la communauté aux jours de fêles de nos martyrs et donner un accès plus facile aux foules qui s’y pressent. C’est en ces dernières années seulement qu’elle a reçu la décoration qu’on y admire. Alors, changeant entièrement de destination, elle est devenue, par la charité lyonnaise, le complément glorieux de la prison, et comme un saisissant commentaire de ses graves enseignements.

La Cène (peinture de Barriot sur les cartons de Janmot)
(Chapelle de l’Antiquaille.)

« Le plan de cette crypte, qui a la forme d’une croix grecque, en souvenir de nos origines chrétiennes, est un carré de huit mètres de côté, couvert par quatre voûtes d’arête dont les retombées centrales s’appuient sur un pilier carré où sont inscrits les noms des Quarante-Huit. En regard, quatre pilastres font saillie sur les murs latéraux, et contiennent en larges inscriptions les quatre phases de la vie de saint Pothin, sa mission, son apostolat, son accusation, son martyre. Sur les murs latéraux qui divisent les quatre pilastres, sont représentés, à la mosaïque, l’Agneau divin, la Vierge Orante et près d’elle Marcel et Valérien, poussés hors de la prison parla main divine ; puis les Quarante-Huit, placés selon le genre de supplice auquel ils furent soumis, ceux qui furent étouffés dans la prison, ceux qui furent jugulés par le glaive, et ceux qui périrent dans l’amphithéâtre. Des oculi, percés au sommet des quatre voûtes, distribuent dans l’enceinte une lumière discrète. Des lampes et des torchères de bronze aident aussi à apercevoir la blanche procession de nos chers saints, les fonds rouges, les parements de marbre des murailles, la mosaïque du sol et des voûtes, la sobre décoration des croix, des roses et des palmes qui en complètent le symbole. »

Remontant du cachot souterrain, pénétrons dans l’église supérieure, construite par les religieuses, et devenue aujourd’hui chapelle de l’hospice.