Page:Martin - Histoire des églises et chapelles de Lyon, 1908, tome I.djvu/293

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notre-dame-saint-louis

d’hui hospice Saint-Jean-de-Dieu ; celle-ci était trop loin du gros de la population, qu’un château fort construit à la fia du xiie siècle, à la tête du pont, avait attiré plus près du Rhône. Une cause semblable, l’établissement du pont de la Guillotière, au débouché duquel se portèrent les habitations, fit déserter complètement la paroisse de Chaussagne. Dès lors, toute la partie septentrionale du mandement manquant de secours spirituels, on la rattacha à la paroisse de Villeurbanne. Les choses en étaient là, quand, en 1562, les Protestants privèrent la Guillotière de paroisse, en détruisant l’église de Béchevelin. On sait qu’ils se rendirent maîtres de la ville, le 28 avril, par une surprise, à laquelle aida du reste la trahison. Notre faubourg, dispersé le long de la grande rue que devaient suivre les Huguenots, fut le premier exposé à leur fureur ; ces bandes sacrilèges n’épargnèrent rien ; elles ne se contentèrent pas de détruire l’église de Béchevelin, elles mutilèrent celle de la Madeleine et anéantirent, c’est le mot, celle de Chaussagne ou la Chesnaie, dont l’emplacement semble être la chapelle Saint-Alban à Monplaisir.

Intérieur de Notre-Dame-Saint-Louis

Un an après, Lyon se débarrassait des Vandales, prétendus réformateurs, et s’employait avec ardeur à relever ses sanctuaires. Ainsi naquirent de nouvelles paroisses : le vent de la tempête sème souvent le bon grain. On sait que le vocable Notre-Dame-de-Grâces se répandit beaucoup chez nous après les destructions des Protestants. On baptisa de ce nom la nouvelle église paroissiale érigée au faubourg de la Guillotière, à la bifurcation de la rue de Crémieu et de la route de Grenoble, le long d’un cimetière dont le sol est maintenant occupé par la place de la Croix. On ne possède plus l’acte de fondation de cette église que Steyert ne croit pas antérieur au règne de Henri IV.

De même que l’archevêque Renaud de Forez avait préparé la prospérité de Béchevelin, ainsi Camille de Neuville reconstitua religieusement la Guillotière, si éprouvée. Par son ordonnance du 7 janvier 1678, il sépara tout à fait la paroisse de la Guillotière de celle de Villeurbanne ; donna à la première l’annexe de la Madeleine, 230 âmes, qu’il enleva à celle de Saint-Michel d’Ainay, dont elle était l’annexe trop éloignée ; fit jeter bas la vieille église de la Madeleine qui menaçait ruine et autorisa les habitants à construire sur son emplacement une chapelle, où les grands Augustins, croit-on, célébraient la messe aussi régulièrement que dans leur propre église, aujourd’hui Notre-Dame Intérieur de Notre-Dame-Saint-Louis.