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saint-bernard

l’embellissement de l’église, fit exécuter, en 1870, les barrières du chœur, en fer forgé, par Traverse de Lyon. En 1874, l’architecte Desjardins, consulté sur l’achèvement de la façade de l’église, estima la dépense à 250.000 francs, mais, faute de ressources, on ne put donner suite à ce projet. Il a déjà été question des vicaires de la paroisse ; ils étaient, en effet, au nombre de trois, mais un seul était reconnu et payé par l’administration, les deux autres restant à la charge de la fabrique. Le 5 novembre 1874, M. Claraz obtenait la reconnaissance d’un second vicaire. Il demanda à la maison Merklin de placer des orgues derrière le maître-autel ; elles se composaient de seize jeux et coûtèrent 16.000 francs. L’inauguration en fut faite le 3 mars 1878, et Mgr Mermillod prononça, à cette occasion, un de ses discours appréciés.

François-Régis Chaumienne, curé de Saint-Jean-Bonnefonds, fut appelé à succéder à M. Claraz ; son installation eut lieu le 25 janvier 1880 et fut présidée par Mgr Pagnon, vicaire général, assisté de MM. Chabanne, curé de Saint-Polycarpe ; Gorand, curé de Saint-Pierre, et Durand, curé du Bon-Pasteur. Son successeur, M. Joannès Pallière, vicaire d’Ainay, fut installé curé de Saint-Bernard le 10 octobre 1886, par M. Breul, curé de Notre-Dame-des-Victoires à Roanne, délégué par Mgr l’archevêque. Ce n’est pas blesser la modestie de M. Pallière, aujourd’hui chanoine titulaire, c’est faire œuvre d’historien, que de rappeler combien l’église et la paroisse Saint-Bernard sont redevables à ce prêtre généreux et dévoué. En 1891, il fit placer des dossiers aux stalles et des boiseries dans le chœur, œuvre de Fréby, menuisier-sculpteur, d’après les dessins de M. Desjardins, fils de l’architecte ; l’année suivante, il fit exécuter par M. Bégule des vitraux dignes de la réputation conquise par l’éminent peintre verrier. Il procéda ensuite à la transformation des orgues demeurées inachevées ; il les porta de seize à dix-neuf jeux, et transporta de chaque côté du chœur les tuyaux d’orgue qui, placés derrière le maître-autel, détruisaient la perspective des belles lignes de l’église. Cette opération coûta 12.000 francs. Soucieux du spirituel de la paroisse, comme du matériel de l’église, il assura à ses paroissiens, en 1894, le bienfait d’une mission.

En 1888, on construisit le funiculaire, qui de la Croix-Pâquet se rend à la Croix-Rousse. Le percement du tunnel qui passe à l’angle sud de l’église occasionna des affaissements de terrain considérables, en sorte que l’église donna coup. Après de longs pourparlers, la ville prit à sa charge les réparations qui montèrent à la somme de 89.000 fr. ; elles furent commencées en juillet 1899, sous la direction de MM. Hirsch, architecte en chef de la ville, et Monod, entrepreneur. Quatre ans après, le 29 juin 1903, M. Pallière recevait la récompense de son zèle et était nommé chanoine titulaire ; on lui donnait pour successeur M. Chabrier, curé de Saint-Alban.

Après avoir retracé l’histoire de la paroisse et de son église, nous terminerons cette étude par une rapide description du monument. L’église Saint-Bernard est de toute part dégagée ; de plus, par sa situation au milieu du coteau de la Croix-Rousse, sur le flanc oriental, elle domine une partie de la ville, et des Brotteaux on voit très bien se dessiner son profil aux belles lignes gothiques. Saint-Bernard appartient au style ogival du xiiie siècle ; il se compose de trois nefs avec chapelles latérales au nombre de