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histoire des églises et chapelles de lyon

rèrent de la maison-mère et se mirent sous la juridiction de leurs évêques respectifs. L’œuvre ne fut pas atteinte au cœur, toutefois, par ce déchirement : les maisons de Carcassonne, de Dijon, de Pélussin, de Madrid, établies en 1854, 1868, 1878 et 1880, en font foi. La mère fondatrice n’avait pas eu le loisir de donner à celle de Lyon tous les perfectionnements qu’elle désirait ; de vieilles masures chevauchaient confusément sur le terrain qu’elle avait acheté. Mère Scolastique, qui lui succéda, embarrassée d’affaires extérieures et distraite surtout par le schisme qui diminua son troupeau, n’eut pas la liberté d’esprit ni non plus les ressources nécessaires pour construire. La joie en fut réservée à la troisième supérieure générale, Marie-Thérèse de Jésus.

Commencées en 1870, un peu avant la guerre, les bâtiments vastes et réguliers qui s’élèvent aujourd’hui furent repris activement au printemps de 1871 et achevés pendant l’été de 1875. Le 5 août, Mgr Thibaudier, évêque auxiliaire de Mgr Ginouilhac et futur archevêque de Cambrai, consacra solennellement la chapelle dédiée au Sacré-Cœur avec sainte Thérèse pour seconde patronne.

Aujourd’hui la congrégation compte cent cinquante sujets répartis dans six maisons, savoir : la maison-mère de Lyon, qui jusqu’à cette année possédait un pensionnat, et abrite aujourd’hui l’ancien petit séminaire de la Primatiale devenu collège libre ; Nîmes, maison de refuge et de préservation ; Carcassonne, orphelinat el autrefois pensionnat ; Dijon, ex-pensionnat ; Madrid, pensionnat et externat ; enfin Pélussin, orphelinat.

La chapelle construite dans le style de M. Bossan ne comprend qu’une nef avec deux chapelles au transept. Son élévation lui donne un air majestueux, tempéré toutefois par l’aspect gracieux des ornements et des décorations dont on va parler : c’est en somme une des belles chapelles de Lyon. Le maître-autel n’offre pas de sculptures particulières, mais il est abondamment éclairé par cinq vitraux présentant chacun deux compartiments : en haut, un saint ou une sainte ; au bas une scène appropriée à l’histoire de la congrégation. Voici l’énumération de ces sujets : sainte Thérèse, sainte Claire, saint Augustin et saint Bruno, fondateur de l’ordre des Chartreux auquel appartint le Père Lespiaut ; Mère Marie-Thérèse de Jésus, fondatrice, consacre au Sacré-Cœur la première maison de la congrégation ; mère Scholastique, deuxième supérieure ; le Père Lespiaut compose les règles de l’institut ; M. Féret, second supérieur, les fait approuver à Rome par Grégoire XVI ; enfin le chanoine Allibert, secrétaire de l’archevêché de Lyon et ancien aumônier de la maison, veille à l’exécution de cette règle.

Les deux chapelles latérales sont consacrées à la sainte Vierge et à saint Joseph dont elles renferment les statues. Près de la table de communion se trouve une belle chaire en bois sculpté, décorée des portraits de saint Pierre et saint Paul. Le long des murs court un rang de stalles et de boiseries exécutées sur les dessins de M. Trémont. Au fond de la chapelle s’élève une vaste tribune. La sacristie est enrichie de quelques ornements et de missels anciens ; enfin un très remarquable Christ en ivoire, présent du cardinal Fesch, orne l’intérieur de la communauté.