Page:Martin - Histoire des églises et chapelles de Lyon, 1908, tome I.djvu/389

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
337
clercs de saint-viateur

ci avec vœux temporaires de cinq ans. Une huitaine de novices avaient été renvoyés, et il en restait dix-huit à la maison, sur lesquels quatre retournaient à Nevers et six ou huit se disposaient à partir pour l’Amérique : Mgr Rosati avait été prié de se faire allouer le prix de la pension de ces derniers par le conseil de la Propagation de la foi ; restait enfin une dizaine de petits aspirants, dont sept déjà employés dans les établissements.

À cette époque la congrégation avait fourni des instituteurs aux paroisses de Vourles, Amplepuis (Rhône), Ambierle (Loire), Brangues (Isère), Mars (Loire), Gosné (Allier), Nîmes (Gard), La Louvesc (Ardèche), Salle-Guran (Aveyron), et dans la Nièvre à Nevers, Saint-Sulpice, Germigny, Azy-le-Vif, Fougues, Saint-Benin-d’Azy, la Machine, Château-Chinon, Thianges, enfin des sacristains dans plusieurs églises de Lyon et de Saint-Étienne.

Depuis cette époque lointaine, l’institut Saint-Viateur a fait de considérables progrès en France et à l’étranger : avant la mort de son fondateur survenue en 1852, il avait fondé deux nouvelles provinces, à Saint-Flour et à Rodez, en s’affiliant deux congrégations diocésaines, celle des frères de Saint-Odilon (1844) et celle des frères de Saint-Jean (1854), et une province au Canada, à la demande instante de Mgr Bourget. Cette dernière devint en quelques années si florissante, qu’elle put à son tour transplanter aux États-Unis, dans l’Illinois, un rameau plein de sève et d’avenir. Sans sortir de son but, en élargissant seulement sa sphère d’action, l’institut Saint-Viateur a ajouté à ses œuvres primitives des orphelinats professionnels et agricoles, des écoles de sourds-muets, des collèges d’enseignement moderne et classique, dont quelques-uns sont devenus, comme au Canada et aux États-Unis, de petits et même de grands séminaires.

On a élevé à Vourles un magnifique bâtiment avec une vaste chapelle, où ne retentit plus actuellement la louange de Dieu, puisque maison et chapelle ont été vendus par le fisc. Pourtant, dans le modeste village de Vourles comme dans le clergé de Lyon, le souvenir du Père Querbes reste en vénération et son œuvre, si elle subit présentement une éclipse, n’a pas perdu, loin de là, sa raison d’être et son utilité : elle reprendra plus tard sa place lorsque luira le soleil de la liberté.

LAZARISTES

Il n’est personne qui ne connaisse de réputation la congrégation de missionnaires fondée par saint Vincent de Paul et répandue maintenant dans le monde entier. Ce grand serviteur de Dieu naquit à Pouy, au diocèse de Dax, en 1576, de parents obscurs : il garda d’abord les troupeaux, mais la pénétration et l’intelligence qu’on remarquait en lui engagèrent ses parents à l’envoyer à Toulouse. Après avoir fini ses études, il fut élevé