Page:Martin - Histoire des églises et chapelles de Lyon, 1908, tome I.djvu/390

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
338
histoire des églises et chapelles de lyon

au sacerdoce en 1600. Un modique héritage l’ayant appelé à Marseille, le bâtiment sur lequel il revenait à Narbonne tomba entre les mains des Turcs ; esclave, à Tunis, sous trois maîtres différents, il convertit le dernier. Tous deux s’embarquèrent, et abordèrent heureusement à Aigues-Mortes en 1607. Le vice-légat d’Avignon, instruit du mérite de Vincent, le conduisit à Rome. Là, il fut chargé d’un important message pour Henri IV en 1608. Louis XIII le nomma abbé de Chaulne, et la reine Marguerite de Valois le prit pour aumônier.

Madame de Gondy, chez qui, plus tard, il devint précepteur, l’engagea à former une congrégation de prêtres qui iraient faire des missions à la campagne. Cette communauté, qui connut d’abord d’humbles débuts, et dont les membres se nommèrent prêtres de la Mission, prit le nom de Lazaristes, lorsque le prieuré de Saint-Lazare lui fut cédé par les chanoines de Saint-Victor, en 1633. Le digne prêtre mourut dans cette maison, le 27 septembre 1660, après une vie consacrée tout entière à des œuvres de prédication et de charité.

La fondation d’une maison à Lyon ne devait venir qu’après la mort du saint prêtre. Elle se produisit dans des circonstances particulièrement intéressantes.

Décidée le 30 août 1668, elle est due à l’abbé Pierre Chomel, comme l’apprend un acte conservé aux Archives départementales, et dont voici des extraits : « Par devant les notaires du roi, au Châtelet de Paris, soussignés, fut présent Pierre Cluimel, prestre, ci-devant conseiller du roi en sa cour de parlement de Paris, demeurant dans le séminaire des Bons-Enfants, proche la porte Saint-Victor, paroisse Saint-Nicolas du Chardonnet, lequel ayant connaissance des grands biens spirituels que font les prêtres de la congrégation de la Mission, partout où ils sont établis et exercent les fonctions de leur institut, et désirant reconnaître les obligations qu’il a à cette congrégation depuis plusieurs années, il a cru ne le pouvoir mieux faire qu’en contribuant à une fondation de ces prêtres en quelque diocèse, où jusqu’à présent ils ne sont point établis. Ayant appris qu’une maison serait fort nécessaire à ces prêtres à Lyon, à cause du besoin qu’ils ont de passer fréquemment par cette ville pour aller dans les provinces voisines, et dans l’Italie où ils ont plusieurs maisons : il a jeté les yeux sur la ville de Lyon, préférablement à toute autre, dans l’espérance que les fonctions de la congrégation produiront, avec le temps, des fruits considérables dans toute l’étendue du diocèse et particulièrement dans les paroisses de la campagne, où les prêtres ont coutume de faire des missions gratuitement pendant sept à huit mois de l’année, sans être aucunement à charge aux peuples.

« Pour ces causes, le sieur Chomel a donné, par ces présentes, par donation irrévocable, à la congrégation de la Mission stipulant par René Aimeras, prêtre, supérieur général, demeurant en la maison de la Mission établie à Saint-Lazare-lès-Paris, mille livres de rente, appartenant au donateur, et à lui dus par Philippe Andrault de Langeron, chevalier, comte de Langeron et dame Claude Paye Despesses, son épouse, qui ont solidairement constitué cette rente à son profit, sous l’acceptation de Claude Chomel, son frère, moyennant la somme de 20.000 livres, par contrat passé par devant Louis Langlois et Philippe Le Moyne, notaires au Châtelet, le 10 juin 1659. À ce contrat est inter-