Page:Martin - Histoire des églises et chapelles de Lyon, 1908, tome I.djvu/410

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
358
histoire des églises et chapelles de lyon

tenu au couvent Saint-François de Lyon, du 12 au 19 octobre 1707, fit état de vingt-neuf couvents et d’un oratoire. Les plus prospères de ces couvents étaient Mont-Calvaire, Notre-Dame de Grâces à la Côte-Saint-André, les Saints-Anges près de Saint-Marcellin, le Saint-Esprit près de Saint-Amand. Bientôt il fallut dédoubler la province Saint-François ; nous possédons des livres de profession soigneusement tenus et des biographies exactement rédigées dans lesquelles se trouve le récit du martyre du Père Clément, de Lyon, survenu au Caire, en décembre 1703, et des correspondances spirituelles qui méritent d’être signalées.

Mais qu’est-ce que cela auprès de ce qui a été perdu ; on regrettera, par exemple, qu’il ne subsiste presque rien des lettres aux Clairsses de Montbrison, de Romans et de Clermont qui avaient été mises sous l’autorité des Récollets de Lyon ; qu’il manque la plupart de celles qu’écrivirent les provinciaux et gardiens sur l’interprétation que les Observants voulaient faire de la déclaration du pape Urbain VIII accordant, en 1625, au ministre général le même pouvoir sur les Observants réformés dits Récollets que sur les Observants eux-mêmes. C’est grand dommage enfin de constater la perte des papiers du père Legault, du couvent de Lyon, lequel eut, le premier des Récollets, en 1640, la charge de vicaire général de l’ordre de Saint-François, en France, qui se mêla aux grandes affaires religieuses et politiques, écrivant beaucoup et parlant habilement.

Pour la conservations de son temporel, le couvent Saint-François de Lyon répugnait à l’abus des grimoires judiciaires, au contraire de tant d’autres couvents qui se laissaient aller à ces excès. Un avertissement de la généralité aux Récollets, en date du 26 avril 1672, sur requête du Sieur François de Nauzelle, écuyer, seigneur de Jonché et de Combelande, avec ordre de réparer la muraille du côté de bise qui, déchaussée dans ses fondations, peut causer des accidents notables ; une convention, du 19 novembre 1682, entre Vidend, seigneur de la Tour, père temporel, et Joachim Blampignon, pour l’exhaussement des murailles et la réfection d’une plate-forme ; l’attestation que le couvent a été aligné dans sa façade sur la rue, en la montée Saint-Barthélemy, comme il a été ordonné par les consuls ; une cession d’eau faite par les religieux à la ville en 1714 pour l’entretien de la fontaine de Graillan ; quelques chicanes avec les Lazaristes sur des mitoyennetés et des réparations à débattre : voilà tout ce que nous a légué à cet égard le chroniqueur qui s’appliquait de préférence aux actes des chapitres et des congrégations.

Et précisément le dernier document qu’on possède des Récollets de Lyon est l’acte du chapitre provincial de 1781 que présida le Père Roch Gaget, commissaire général, et où furent élus les pères Deberc, ministre pour la troisième fois, Pie Allard, provincial pour la deuxième fois, Albain, custode, Amable Puray, Vincent Carrière, Sebin, Pécoult, Théodore Berger, définiteur.

Le couvent des Récollets fut vendu, le 30 juin 1796, comme bien national ; un acte donne à ce sujet d’intéressants détails. La vente se fit par les administrateurs du département du Rhône à Laurent Deville, de Saint-Étienne-en-Forez, représenté par Pierre Montagne, négociant de la même ville, son fondé de pouvoir. Les biens se composaient alors de la maison claustrale, montée Saint-Barthélemy, avec bâtiments, église, terrasses,