Page:Martin - Histoire des églises et chapelles de Lyon, 1908, tome I.djvu/412

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histoire des églises et chapelles de lyon

la propriété à Jean-François Benoît, sollicita de l’archevêque la reconnaissance du culte. Le prélat répondit par le décret suivant :

« François-Paul de Neufville de Villeroy, archevêque et comte de Lyon, primat de France, conseiller du Roy en tous ses conseils, sçavoir faisons que sur ce qui nous a été représenté de la part de sieur Jean-François Benoît, marchand de cette ville, qu’en l’année 1719, il acquit du sieur Chalmette un domaine situé aux extrémités de la paroisse de Vaize, dans lequel il y a une chapelle en bon état, où l’on a jusqu’à présent célébré le saint sacrifice de la messe avec deuë permission ; mais, comme ledit sieur Benoît n’a trouvé aucun titre de concession de ladite chapelle, lesquels peuvent avoir été égarés, soit par le laps des temps ou par la négligence des possesseurs dudit domaine, il nous a très humblement fait supplier de permettre que l’on continue à célébrer dans ladite chapelle, et de luy accorder pour cet effet nos lettres sur ce nécessaires. À ces causes, nous, archevêque et comte de Lyon susdit, voulant favoriser ledit sieur Benoît et après avoir été certifié que ladite chapelle n a point été profanée, qu’elle est décemment construite, pourvue de toutes les choses nécessaires au service divin, et nullement sujette aux usages domestiques : avons permis et permettons à tous prêtres séculiers et réguliers de continuer à y célébrer le saint sacrifice de la messe, à la réserve des jours exceptés par les règlemens généraux de notre diocèse, sauf en tout néantmoins les droits et devoirs parroissiaux, et à condition que ladite chapelle demeurera sujette et soumise à perpétuité à notre authorité, visite et juridiction, et de nos successeurs. Donné à Lyon, dans notre palais et sous notre scel archiépiscopal, ce vingt-deuxième septembre mil sept cent vingt-deux ».

On sait qu’il est dans les usages ecclésiastiques de faire visiter, de temps en temps, par un délégué de l’archevêque, les lieux consacrés au culte, afin de s’assurer s’ils sont en bon état et toujours dignes de l’usage qu’on en fait. On a conservé le procès-verbal de la visite de cette chapelle, dressé, le 21 avril 1738, par Legras, curé de Limonest. Il ne sera pas sans intérêt de donner le texte de cette visite.

« Nous, Hugues-François Legras, prêtre et curé de la paroisse de Limonest-au-Mont-d’Or, en conséquence de la commission en datte du 21 février dernier, adressée par monseigneur l’illustrissime et révérendissime Charles-François de Châteauneuf de Rochebonne, archevêque et comte de Lyon, primat de France et pair de France, pour faire la visite d’une chapelle dépendante d’un domaine que monsieur Louis Balmont, bourgeois de Lyon, possède dans la parroisse de Veyse : avons procédé à ladite visite, et, pour cet effet, ce jourduy 21 avril de la présente année, nous nous sommes transportés audit domaine, où étant arrivé, nous avons été conduit à ladite chapelle qui est entièrement séparée de tous bâtimens. Elle est fort éloignée de l’église parroissiale, le chemin qui y conduit est mauvais dans les temps de pluye et d’hyver, et la maison dudit sieur Balmont étant située à la montée vulgairement appelée Balmont et qui est très rapide, ledit chemin par conséquent est très incommode et difficile surtout pour les personnes âgées et infirmes ; ladite chapelle est éloignée des antres églises de demie lieue. Ensuitte, ouverture nous ayant été faille de ladite chapelle, nous avons reconnu qu’elle ferme à clef, que la voûte a canne,