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la primatiale et ses annexes

les tours de la façade, terminées en terrasse. En attendant, elles restent coiffées d’une simple toiture de préservation à quatre pentes, aussi peu décorative que possible.

Au flanc droit de l’église, sur la place Saint-Jean, on voit un vieux logis d’aspect romano-byzantin, contemporain de l’ancien baptistère et qui a gardé le nom de Manécanterie. C’est là que logeaient les clergeons et leur maître, le manécantant. L’étymologie du mot peut être ramenée à mane cantare, chanter matin, parce que les petits clercs assistaient à l’office des matines, chanté à trois heures ; en compensation, ils faisaient sieste après-midi. Le rez-de-chaussée de ce monument servait de grenier à blé. C’est là que se déposait le produit de la dîme du Comté, sur lequel des distributions en nature étaient faites aux perpétuels et habitués, contre remise de méreaux ou jetons de présence.

Jubé de la Primatiale, au xviiie siècle.

Ce respectable débris des âges anciens a plus souffert de la main des hommes que de l’action du temps. On l’a surchargé d’étages sans style et l’on a percé dans la façade des ouvertures qui en compromettent l’ordonnance magistrale et archaïque. La partie méridionale a été abattue lorsque le chapitre a commencé la construction de la nouvelle Manécanterie, demeurée inachevée. Ce dernier bâtiment, dont la maison qui porte le numéro 2 sur l’avenue de l’Archevêché, représente la portion construite, devait se prolonger jusqu’à la place et se rattacher à l’église même, en faisant disparaître ce qui reste de la vieille Manécanterie. Dans ce vaste palais, commencé en 1768, auraient été installés tous