Page:Martin - Histoire des églises et chapelles de Lyon, 1908, tome I.djvu/80

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
36
histoire des églises et chapelles de lyon

repris ses fonctions d’ancien prédicateur connu et très goûté à Lyon, et avait organisé dans cette enceinte, muette depuis plus de dix ans, des réunions demi-secrètes, demi-publiques. Le premier curé fut M. Paul, en 1803. Plus épargnée que d’autres, l’église n’avait pas subi de ravages trop considérables ; on a pourtant à regretter la mutilation de quelques sujets ou attributs dans la sculpture des stalles. Il n’en fallut pas moins procéder à un travail de restauration : M. Rauzan, supérieur de la petite phalange de missionnaires que le cardinal Fesch avait installée dans l’ancienne hôtellerie du couvent, laquelle était devenue sa propriété, succéda à M. Paul ; l’église devint ainsi le centre de prédications et de retraites où la renommée du curé attirait les auditeurs de tous les points de Lyon.

Le décret impérial qui supprimait les missions (1809) ramena M. Rauzan à Paris. M. Gagneur fut appelé à le remplacer : c’est à lui qu’on doit la construction de la chaire que ne comportait pas une église conventuelle. Sous son administration, une pieuse personne. Mlle Repond, fit don à la paroisse du grand ostensoir, de la niche de l’exposition, de deux beaux candélabres et des anges adorateurs auxquels, dans ces derniers temps, on a substitué les deux groupes que l’on voit sous le baldaquin ; affaibli par ses travaux et par l’âge, M. Gagneur donna sa démission en 1817. M. de La Croix d’Azolette quitta le poste de directeur au grand séminaire pour lui succéder ; il continua de pourvoir au mobilier de l’église, lit mettre des barrières à différents autels et acheta les cloches. De plus hautes destinées l’attendaient ; mais, sur la fin de sa vie, fidèle à ses premières affections, il abandonna le siège métropolitain d’Auch, et vint achever sa belle vieillesse dans une cellule du cloître des Chartreux. Il y mourut saintement et reposa dans le caveau creusé sous les dalles de la chapelle Saint-Bruno.

Pendant trente-trois ans de ministère paroissial, M. Pousset, outre les œuvres de zèle qui sont la première préoccupation d’un curé, ne négligea pas le soin de la maison de Dieu : mentionnons les deux autels de saint Pierre et de sainte Philomène et surtout des réparations notables qu’il fallut faire à la toiture du dôme. Il céda sa paroisse à M. Bissardon, en 1856, et alla jouir dans le repos d’une longévité de patriarche, qui lui permit de voir son quatrième successeur à la cure de Saint-Bruno.

M. Bissardon confia à M. Desjardins la décoration de la chapelle de la Sainte-Vierge, décoration qui a servi de type à toutes celles qui ont suivi. Après M. Gorand, qui ne fit que passer (1864), commença, avec M. Fond, une nouvelle ère pour l’église des Chartreux. C’est avec lui que se transforment sous leur parure d’or et de marbre les chapelles du Sacré-Cœur, Saint-Bruno, Saint-François-Régis, cette dernière par les libéralités de M. l’abbé Mouton. Et ce n’est là qu’un début : doué d’une volonté que rien n’arrête, animé d’un zèle qui s’avive devant les difficultés, M. Fond songe à donner une façade à son église, un vêtement architectural à ce mur qu’on se rappelle, tout hérissé de pierres qui l’attendaient maussadement depuis plus d’un siècle ; et la façade commencée en 1871, était achevée l’année suivante au milieu de temps à jamais néfastes (1871-1872).

Avant que l’on procédât à cette œuvre capitale, une question se posait. Était-il oppor-