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saint-bruno des chartreux

tun de donner une travée de plus à la nef, qui, à première vue, paraît être d’un trop court développement : cela, soit pour l’effet architectural, soit pour l’espace réservé aux fidèles ? La question fut sérieusement examinée, discutée, et par des hommes compétents : l’une des raisons qui prévalurent contre cet agrandissement, était que Delamonce devait, en l’espèce, faire autorité, et qu’on pouvait s’en tenir au plan et aux dimensions que sa main avait signés. Or, on ignorait à ce moment que Delamonce avait inutilement réclamé l’augmentation sur laquelle portait le débat. Voici deux lettres qui établissent le fait. La première est du prieur. Il écrit au père général : « M. Delamonce, architecte et directeur

Mgr de La Croix d’Azolette, curé de Saint-Bruno, puis archevêque d’Auch.

des ouvrages de l’église, proposa à notre père visiteur une augmentation de construction pour les proportions, la régularité et la décoration de cette église, et ne fut pas écouté : notre père visiteur lui fit comprendre que la dépense des ouvrages convenus était déjà des plus considérable . et qu’il n’était pas à propos de s’engager dans une dépense nouvelle. Et depuis, le même architecte a souvent sollicité de consentir à cette augmentation, disant que le public, ce qu il y a de gens connaisseurs, et les amis de l’ordre, demandent l’agrandissement qui, manquant à l’église, la rendra trop raccourcie, sans proportion ; le surplus serait étranglé, et ensuite le mal sans remède… Nous ne pouvons prendre tout cela sur nous sans l’autorité de votre Révérence et l’agrément de notre père visiteur ».

Le général de la Grande-Chartreuse répondit, en date du 24 avril 1734 : « Puisque le père visiteur n’a pas jugé à propos de consentir à l’augmentation que vous et M. Delamonce me proposez, je ne puis y donner la main, d’autant que votre nouvelle église, dans son total, a quatre fois la longueur de sa largeur… Il y aura suffisamment de place pour les séculiers si, comme je crois, on doit ouvrir les quatre chapelles de chaque côté de la nef… Il faut se borner aux dépenses et fonds que vous pouvez avoir, et on ne doit pas faire des cathédrales de nos églises. Je vous souhaite les bonnes fêtes et suis très sincèrement votre affectionné confrère. Frère Étienne Richard, prieur de Chartreuse. » L’église resta donc, d’après cette décision, et reste donc encore aujourd’hui dans les dimensions du plan primitif. C’est à M. Sainte-Marie Perrin, l’éminent architecte de Fourvière, que fut confiée l’érection de la façade. La Semaine catholique de Lyon salua cet événement dans un article qu’il faudrait reproduire en entier, et dont nous prenons quelques lignes : « L’œuvre de M. Sainte-Marie Perrin est excellente ; grâce à lui, Saint-Bruno possède enfin une façade à la fois simple et élégante. Depuis la saillie demi-circu-