Page:Martin - Histoire des églises et chapelles de Lyon, 1908, tome I.djvu/97

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saint-denis-la-croix-rousse
Denis-Simon de Marquemont, archevêque de Lyon.

8 avril 1629, et cette cérémonie revêtit l’éclat d’une fête solennelle. Le prévôt des marchands et les échevins y présidèrent, en présence du capitaine châtelain de Cuire et d’un immense concours de peuple. Pour satisfaire à l’affectueux désir que leur avait exprimé le cardinal Denis-Simon de Marquemont, archevêque de Lyon, les religieux dédièrent le nouveau sanctuaire à saint Denis, patron du prélat défunt. Ils acquittaient ainsi, envers sa mémoire, le tribut de leur pieuse gratitude. En 1714, l’évêque auxiliaire de Lyon, Antoine Sicauld, procède à la consécration de l’église des Augustins et de l’autel. Il y dépose des reliques des saints martyrs Candide et Marcel, et concède les indulgences d’usage en faveur de ceux qui viendront y prier.

Telle est l’origine de l’église Saint-Denis-la-Croix-Rousse. Toutefois, comme on la dit, la chapelle des Pères n’eut jamais le caractère ni les attributions d’une église paroissiale. Rien, à cet égard, ne fut changé à la situation antérieure, et les anciennes délimitations des paroisses qui se partageaient le territoire de la colline y furent maintenues jusqu’à la Révolution. La seule conséquence qu’entraînait l’ordre nouveau, c’était une facilité plus grande, pour la population, d’assister à l’office divin, puis aussi la possibilité pour elle de recourir désormais, sans obstacle et à toute heure, au ministère du prêtre. En accordant, le 26 avril 1628, sa dernière ratification, le conseil archiépiscopal avait expressément stipulé que les religieux seraient tenus d’administrer les sacrements en cas de nécessité pressante, et qu’à cet effet deux d’entre eux devaient être approuvés par l’autorité diocésaine.

La chapelle des Augustins était d’aspect très simple : un carré allongé se terminant par un chœur bas où se trouvaient les stalles des religieux. La grande nef de l’église actuelle répond assez exactement à la superficie de ce sanctuaire aux dimensions exiguës, mais suffisantes pour la population peu nombreuse de ce temps-là. Deux chapelles s’ouvraient sur le flanc droit de l’édifice. La première, à partir du portail, appartenait à la noble famille de Savaron, originaire d’Auvergne, qui l’avait fondée au milieu du xviie siècle et y avait érigé son tombeau. Grâce à une libre concession des Savaron, renouvelée ensuite périodiquement, cette chapelle, consacrée à Saint-Nicolas de Tolentin, servait aux exercices religieux de la confrérie de la Bonne Mort, ou des Agonisants, établie vers l’an 1700, par quelques pieux habitants de la Croix-Rousse. La seconde chapelle, dédiée