Page:Martin - Histoire des églises et chapelles de Lyon, 1908, tome II.djvu/110

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histoire des églises et chapelles de lyon

après la sécularisation d’Ainay, en 1685, le chapitre était composé d’un abbé commendataire, non astreint à la résidence, mais qui touchait les revenus ; d’un prévôt curé, de dix-neuf chanoines en titre, de six chanoines d’honneur, de quatre habitués et de six enfants de chœur ; pour être reçu chanoine, il fallait faire preuve de noblesse de deux degrés du côté paternel, sans compter le récipiendaire.

Ainay en 1820, d’aprés une gravure de Sarsay.

Abordons maintenant la description de l’église d’Ainay, et des bâtiments qui l’entouraient. À quelle époque remonte la première chapelle ? Il est impossible de le dire en l’absence de tout document. La crypte Sainte-Blandine, dans son état actuel, est classée par quelques auteurs, Revoil en particulier, comme antérieure au xie siècle. Il y avait sans doute jadis une grande église abbatiale, qui a disparu et dont peut-être il resterait la base du clocher construite en blocs qui diffèrent des constructions subséquentes. Ce qui est certain, c’est que l’église actuelle commencée par l’abbé Gaucerand, était assez avancée en 1107 pour que le pape Pascal II pût la consacrer à son passage à Lyon. Les matériaux qui servirent à la construction de l’édifice paraissent empruntés en partie à des constructions antérieures, soit qu’ils aient été amenés d’ailleurs, soit qu’ils aient été pris sur place : les quatre colonnes, par exemple, qui soutiennent la coupole, ont été amenés par les moines du tènement de la Varissonnière, au pied de la côte Saint-Sébastien, qui leur appartenait ; c’étaient les colonnes de l’autel dédié à Rome et à Auguste. Aux constructions primitives : chapelle Sainte-Blandine et église abbatiale, s’adjoignirent plus tard des additions successives : au xve siècle, la chapelle Saint-Michel ; et de nos jours, les chapelles de la Vierge, de Saint-Joseph et des fonts baptismaux.

En pénétrant dans l’intérieur de l’église Saint-Martin, on est frappé de la simplicité et de la majesté de l’édifice. Cette église romane, avec son plan basilical, ses trois nefs et transept, demeure comme un bon spécimen d’unité de style. La nef, jadis lambrissée en charpente, est aujourd’hui voûtée à plein cintre en briques. L’abside semi-circulaire, voûtée en cul-de-four, est éclairée par trois baies à plein cintre. Les intervalles des fenêtres sont occupés par des pilastres curieusement sculptés d’animaux, rinceaux, ornements géométriques d’une très grande variété, de la fin du xie siècle.

Le transept, soutenu par les colonnes monolithes du temple de Rome et d’Auguste, est surmonté d’une coupole octogonale sur trompe ; son tambour, percé de quatre fenêtres.