Page:Martin - Histoire des églises et chapelles de Lyon, 1908, tome II.djvu/137

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frère du sacré-cœur

reposant sur quatre colonnes ; il est décoré d’un bas-relief représentant Notre-Seigneur enseignant, accompagné de deux anges. Au-dessus de l’autel se trouve un retable orné de deux colombes, d’épis et de raisins. La porte du tabernacle simule une muraille. Le chœur est décoré d’une peinture représentant le Christ et de deux statues : saint Joseph et saint Benoît. À l’entrée de la nef on a placé deux autres statues, représentant, l’une, Notre-Dame de Pellevoisin et l’autre saint Benoît.

Le chœur et la nef sont éclairés par des vitraux qui méritent l’attention. Dans le chœur les sujets sont doubles et représentent : sainte Catherine de Sienne et saint François d’Assise ; saint Pierre et saint Paul ; Notre-Seigneur et le Cœur Immaculé de Marie ; saint Joseph et sainte Thérèse ; saint Étienne et saint Amédée. Dans la nef, les huit vitraux sont formés de grisailles.

À gauche et à droite, deux petites chapelles complètent la grande nef, elles sont dédiées, l’une à Notre-Dame de Pellevoisin, l’autre à saint Benoît. Le premier de ces autels est de pierre ; il est décoré au-devant de cinq arcades et au-dessus d’un retable avec anges adorateurs. L’autel du Sacré-Cœur possède une statue sous ce vocable ; il est orné d’un bas-relief représentant également le Sacré-Cœur. Au fond de la nef est construite, comme on l’a dit, une vaste tribune supportée par trois arcs et fermée au-dessous par une grille de pierre sculptée. Il importe de mentionner les boiseries des stalles qui ne sont pas sans intérêt.

À la sacristie, on conserve deux reliquaires contenant des parcelles de la vraie croix et de la couronne d’épines. Un ancien aumônier de la Communauté, M. Renaud, a laissé à la chapelle un calice en or, style du xviie siècle, ainsi qu’un bel ornement rouge, dont on se sert pour les fêtes.

FRÈRES DU SACRÉ-CŒUR

La parole adressée par Dieu à Abraham : « Ta postérité sera aussi nombreuse que les étoiles au ciel », pourrait vraiment s’appliquer aux innombrables communautés d’hommes et de femmes fondées, en France, dans le courant du xixe siècle. Nous en avons déjà cité un grand nombre ; d’autres suivront dans le cours de ce volume. Présentement, nous allons étudier deux de ces congrégations : celle des Frères du Sacré-Cœur et celle de Jésus-Marie, toutes deux vouées à l’enseignement et toutes deux fondées par une prêtre éminent, natif de notre ville, dont on va retracer, à grands traits, la biographie, abrégé de l’histoire complète écrite par l’un de ses fils spirituels, qui a mis en relief la force et la douceur du fondateur, cette audace et cette patience qui lui méritèrent les succès de l’apostolat.

André Coindre naquit à Lyon, le 26 février 1787, sur la paroisse Saint-Nizier, de parents qui s’employant à un honnête commerce, en avaient tiré quelque aisance. Les