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histoire des églises et chapelles de lyon

subsister. Celle-ci toutefois était mal située, exposée aux cris el au tapage des malfaiteurs ; de plus, le local exigu ne pouvait contenir plus de treize pénitentes ; il fallut donc se pourvoir d’un autre logement. L’œuvre comptait six ou huit mois d’existence, lorsqu’on loua une maison à Saint-Just, rue de Trion ; les pénitentes y furent transférées à la fin de février ou au début de mars 1826.

Mme Bruyset de Sainte-Marie, bienfaitrice de la Compassion.

Le séjour dans ce nouveau local fut de dix-huit mois ou deux ans, et pendant ce temps, le nombre des jeunes pensionnaires monta à quarante. C’est alors que M. Laffay fit connaître à MM. de Verna, de Varax, de Nolhac, et de Sainte-Marie, administrateurs de l’hospice de l’Antiquaille, les progrès de l’œuvre et la nécessité d’un logement plus vaste. Ces messieurs édifiés de la conduite des pénitentes, se firent les premiers bienfaiteurs de cette belle œuvre. Ils accueillirent favorablement la proposition de M. Laffay et arrêtèrent dans l’assemblée administrative de 1828, qu’on louerait une maison au Chemin-Neuf, qu’on y ouvrirait deux ateliers de tissage et un de lingerie ; une chapelle, un réfectoire, des dortoirs, une cuisine ; le tout coûtait 3.800 francs. À cette époque une dame charitable lit un don de 1.200 francs qui servit à l’achat d’un petit clos, séparant la maison de l’hospice ; ce jardin devint une agréable promenade pour les pénitentes. Tout étant disposé, les jeunes filles furent transportées dans le nouvel établissement, qui prit le titre de Providence de l’Antiquaille ; le nombre s’accrut de jour en jour ; l’administration de l’hospice voulut bien se charger de fournir ce qui était nécessaire à l’entretien temporel de la providence, à la condition que l’on déposât, à la fin de chaque mois, le produit du travail des pénitentes dans la caisse de l’hospice, condition qui fut acceptée mais qui imposa bien des sacrifices aux jeunes personnes ainsi qu’aux sœurs chargées du gouvernement de la providence, car lorsque la recette n’égalait pas la dépense, on s’attendait à des reproches. Pour le linge et les vêtements, il fallait chaque semaine donner à l’hospice la note de ce qu’on déposait, afin de recevoir autant d’objets qu’on en rendait. Quant à la nourriture, on recevait le pain et les autres choses nécessaires à la vie, en quantité proportionnée au nombre des personnes, mais si limitée que souvent cela ne suffisait pas au besoin de chacune. La charité des sœurs savait y suppléer en s’imposant des sacrifices et des privations.

L’œuvre était définitivement fondée ; depuis cette époque elle s’est accrue de telle façon