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histoire des églises et chapelles de lyon

Antoine de Padoue. Dans l’unique nef, se trouve à droite l’autel de la sainte Vierge et à gauche celui dédié à saint Joseph. Huit baies vitrées donnent une abondante lumière et font ressortir l’ornementation simple et de bon goût. Le chemin de la Croix est placé le long du mur, de chaque côté de l’autel principal.

Au fond de la chapelle, s’ouvrent, comme il a été dit, les deux chœurs des religieuses et des filles repenties, séparés par un couloir conduisant directement à la porte de sortie. Ces chœurs sont vastes ; celui des religieuses possède la statue peinte de Notre-Dame de Compassion, et celle de sainte Élisabeth, reine de Hongrie et patronne du tiers ordre de Saint-François auquel sont affiliées les religieuses ; deux reliquaires complètent l’ornementation. Le chœur des Madeleines ou repentantes est orné de la statue de saint François d’Assise.

RELIGIEUSES DE LA SAINTE-FAMILLE

Parmi les communautés que vit éclore le xixe siècle dans notre diocèse, il en est une qui par la variété de ses emplois contraste singulièrement avec la vie des anciens ordres religieux où la rigidité du but ne permettait qu’une adaptation très relative aux besoins successifs de la société dans laquelle ils vivaient. Les sœurs de la Sainte-Famille sont à la foi institutrices dans les pensionnats ou dans les simples écoles de hameaux ; elles sont hospitalières par le soin des malades ; un certain nombre d’entre elles sont chargées du service de la lingerie, de la cuisine, et de l’infirmerie dans les séminaires et collèges, toutes savent se plier à l’emploi qui leur est confié. Leur fondateur est un prêtre lyonnais fort intelligent et dont on va retracer la biographie.

L’abbé Pousset naquit à Cordelles, petite commune des bords de la Loire à quinze kilomètres de Roanne ; c’était en 1794, en pleine Terreur. Il fil ses premières études au petit séminaire de Saint-Jodard et vint compléter son éducation philosophique au séminaire de Verrières. Vers la fin de 1814, il entrait au grand séminaire de Lyon. Ordonné prêtre en 1817, il occupa successivement divers postes dans les séminaires de Verrières et d’Alix ; enfin en 1823, malgré son jeune âge, il fut nommé à la cure de Saint-Bruno à Lyon.

Il apporta dans ce nouveau poste l’esprit à la fois clairvoyant et religieux qui l’avait fait remarquer ailleurs. Il commença par visiter les principaux habitants de la paroisse pour recueillir des renseignements capables d’éclairer sa conduite et ses relations vis-à-vis des familles. Ce fut au cours de ces visites qu’il conçut l’idée de fonder une communauté douée d’attributions spéciales. Il avait aperçu sur sa paroisse un grand nombre d’ateliers de jeunes ouvrières qui, sans vivre en communauté accomplissaient ensemble des exercices de piété et suivaient certaine règle dans leur manière de vivre. Mlles Descombes et Piégay, directrices d’un de ces ateliers, heureuses de voir le curé de Saint-Bruno s’intéresser à l’œuvre, vinrent le prier de se mettre à leur tête et de les diriger en leur