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histoire des églises et chapelles de Lyon

un chanoine, Guillaume Roux, dont le décès est enregistré au 3 septembre 1190 ; il fut imité par de hauts personnages, tels que le doyen Étienne de Rochetaillée (1207), Renauld de Forez, archevêque de Lyon (1226), Guillaume Charpinel, Guillaume de Roanne et Dalmace Morel, chanoines de Saint-Jean, Bérard Acre, panetier de l’église de Lyon ; par des gens de condition simple, Étienne, curé d’Anse (1225), un humble perpétuel, Martin de Viricelle, prébendier de Notre-Dame du Haut-Don (1226), le prêtre Durand Timoté (1245). Dès le xive siècle, les legs sont plus nombreux, tous néanmoins de provenance ecclésiastique, à très peu d’exception ; ce qui prouve que l’œuvre n’a pas atteint ce caractère d’intérêt universel qu’elle aura plus tard, et qui la recommandera au souvenir de tous les fidèles, quelles que soient leur paroisse et leur fortune. De ces bienfaiteurs, qui réclament des prières et des messes pour leur âme, les plus notables furent un Barthélémy de Varey, entré dans les ordres, après son veuvage, élu chanoine de Fourvière, et exprimant le désir d’être inhumé à Saint-Irénée, dans la même tombe que sa femme et tous les siens ; Jean de Jayac, autre chanoine, qui règle avec précision la célébration de son anniversaire ; Amédée de Montbellet, prévôt, qui dote la chapelle de la Sainte-Croix ; Pierre de Cuysiac, curé de Bourg-en-Bresse et archiprêtre de Baugé, que le cumul n’avait pas effrayé, et qui fut simultanément chanoine des quatre églises de Saint-Just, Saint-Paul, Saint-Nizier et Fourvière.

Cependant, avant la fin de ce xive siècle, dès l’année 1371, pour préciser, les archives de la collégiale deviennent plus abondantes et nous offrent les procès-verbaux des assemblées capitulaires, dans une continuité très rarement interrompue : incertitudes et conjectures cessent pour l’historien, qui ne saurait désirer des documents plus précis, ni user de preuves plus authentiques et plus directes. Toutes ces délibérations n’ont pas pour objet des affaires importantes, des mesures de zèle, de bon ordre, dignes d’être retenues ; la patience échappe bien parfois, quand on voit des conflits, nés des causes les plus futiles, s’éterniser au détriment de l’édification et de la paix. Des vérifications de comptabilité y prennent une place excessive, des relevés de baux de fermage y sont trop souvent répétés. Il n’en est pas moins vrai que le passé n’a pas de témoins plus sincères, plus instruits, plus désintéressés, que ces notaires qui se passent successivement la plume de rédacteur et dont la signature des assistants, à côté de leur magnifique paraphe, attestent la fidélité, contrôlée et approuvée. Ces guides officiels, assermentés, sont les meilleurs à suivre.

La lecture de leurs registres suggère une réflexion qui ne se présenterait pas d’elle-même à l’esprit, parce que notre habitude est de transporter dans le passé ce que nous apercevons dans le présent, et de nous les figurer soudés ensemble par une ressemblance qui ne cessa jamais. Il ressort vivement, au contraire, des fréquentes délibérations de son chapitre canonial, que l’organisation et la marche du service religieux, à Fourvière, furent sujets à d’étranges lenteurs ; faute de ressources, et manque de personnel, les offices y sont rares ; on se plaint d’incessantes absences ; on propose sans cesse des réformes contre des abus qu’on ne déracine guère. Le désordre engendre la solitude et la plupart des chanoines, possédant d’autres fonctions en ville et appartenant aux divers clergés paroissiaux, y consacrent leurs forces et leur temps, et ils n’apparaissent, sur la colline, qu’à des