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histoire des églises et chapelles de Lyon

une perle sur le côté droit de la chapelle, dans la muraille face au midi, de façon à rendre indépendantes de la grande nef les entrées et les sorties des pèlerins. Ce projet eut l’agrément général et voici, dans quels termes, on y souscrivit, le 5 juin 1631 ; il est bon de les rapporter. « Attendu la grande affluence de peuple, qui vient en dévotion en la chapelle Notre-Dame, particulièrement les samedis et lundis, où le peuple est grandement incommodé à l’entrée et sortie, n’y ayant qu’une porte, ouy ledit Pinard, permis pour une porte pierre de taille et y faire mettre ses armes. » Avec son écusson, sur les instances du donateur, on y grava aussi l’invocation : Notre-Dame de Bon Conseil. P. P. N.

Le vœu des Échevins (D’après un vitrail de L. Bégule, à lancienne chapelle de Fourvière).

Les épreuves et les calamités publiques, loin de ralentir la confiance, en provoquèrent de plus en plus d’unanimes explosions. Une épidémie sévissait, chaque hiver, dans les deux hospices de la Chana et de Sainte-Catherine ; la plupart des orphelins internés étaient atteints ; beaucoup succombaient. C’était une espèce de scorbut infectieux, contre lequel les remèdes employés avaient peu d’action. Vainement on avait demandé des consultations aux plus habiles praticiens ; la science humaine produisait peu d’effets. On résolut d’intéresser le Ciel à la conservation et à la santé de ces pauvres enfants et les Recteurs de l’Aumône Générale, qui les nourrissaient, se concertèrent pour les conduire en procession à Fourvière, « pour qu’il plaise à la divine Bonté d’apaiser ladite maladie ». Dès sept heures du matin, le mercredi de Pâques, 7 avril 1638, tous les pupilles de la Charité, les pensionnaires et les infirmes qu’elle hospitalisait, les indigents admis à ses Distributions de pain, accompagnés des membres du Bureau et des aumôniers, gravissaient la pente du Chemin-Neuf, en chantant de pieux cantiques. La messe fut célébrée par M. de Sacconay, chanoine-comte et président de l’œuvre ; sept cierges, du poids chacun d’une livre, furent offerts en l’honneur des Sept Joies de Marie. Tous les cœurs entrèrent à l’unisson, ainsi que toutes les voix, frêles et mûres, afin de solliciter l’apaisement des terreurs, dont on souffrait depuis si longtemps. Cette manifestation produisit un réel contre-coup sur l’opinion et l’intercession maternelle, que tant d’innocentes mains avaient implorée, ne tarda pas à se montrer ; le fléau diminua sensiblement et disparut.

Le Consulat fut gagné par l’exemple et, à son tour, il entendit placer la cité et le peuple