Page:Martin - Histoire des églises et chapelles de Lyon, 1908, tome II.djvu/339

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
319
notre-dame de charité

l’une pour l’éducation de la jeunesse, l’autre vouée au soin des malades. La première, établie à la Croix-Rousse, datait de 1869 : elle comprenait, en 1900, vingt-trois sœurs. La seconde est une maison chirurgicale fondée à la Guillotière en 1889, et compte sept religieuses. Les élèves sorties du pensionnat Saint-Joseph de Cluny se distinguent par leur zèle pour l’enseignement chrétien et, dans ce quartier populeux, remplissent volontiers le rôle de catéchistes. La communauté de la Croix-Rousse a disparu depuis quelques années et a été remplacée par l’œuvre Saint-Augustin, dirigée avec dévouement par Mme Payen pour le bien moral des jeunes filles sortant de prison ou en danger d’y entrer.

La chapelle de la communauté de Lyon est de bon style, l’autel de marbre blanc est décoré au-devant du monogramme du Christ et le tabernacle est fermé d’une belle porte dorée. Tout autour du chœur se rangent les statues du Sacré-Cœur, entre deux anges, de sainte Philomène et de saint Louis de Gonzague ; par côté, dans deux niches sculptées, se trouvent les statues à gauche de la Sainte Vierge et adroite de saint Joseph. Au bas de la chapelle, au-dessus de deux colonnettes, on voit la représentation de la sainte face et les instruments de la passion, et de l’autre côté le saint enfant Jésus de Prague ; au bas de la chapelle on a placé la statue de saint Augustin. La tribune est ornée d’un grand christ, et au-dessous un groupe représente sainte Anne enseignant la Vierge Marie. Huit verrières, formées de grisailles, deux dans le chœur et six dans la nef, éclairent la chapelle. Le long du mur se trouve un chemin de croix, en relief et peint.

NOTRE-DAME-DE-CHARITÉ DIT REFUGE SAINT-MICHEL

En 1641, un religieux Oratorien, le vénérable père Eudes, frère de l’historien Mézeray, fondait, dans la ville de Caen, l’institut Notre-Dame de Charité qui devait être confirmé plus tard par une bulle du pape Alexandre VII, datée de 1666. Le but de cet ordre est de se dévouer au salut des âmes ; aussi les religieuses Notre-Dame de Charité ajoutent-elles aux trois vœux ordinaires de religion, celui de travailler à la conversion des personnes, qui se mettent sous leur conduite. L’institut possédait déjà plusieurs maisons avant la Révolution ; il en compte aujourd’hui trente-quatre.

Le Refuge de Lyon, appelé, comme celui de Paris, Saint-Michel, fut créé en 1811. Le cardinal Fesch, ayant obtenu de Napoléon, son neveu, un décret autorisant cette fondation, quelques religieuses de Paris vinrent inaugurer l’œuvre du refuge à Lyon. La supérieure était Mme de Bois-Jouan, née de Chevigné, d’une illustre famille de Nantes. Sous sa conduite, la communauté vint occuper d’abord l’ancien monastère des Carmes-Déchaussés. M. l’abbé Goulard, curé de Saint-Louis-Saint-Vincent, fit à cette époque un don considérable pour la nouvelle fondation, tout en priant la supérieure de se charger d’un orphelinat dont il avait la direction. La proposition fut agréée et l’orphelinat installé à côté du refuge. En même temps, M. Goulard intéressait à cette belle œuvre une