Page:Martin - Histoire des églises et chapelles de Lyon, 1908, tome II.djvu/388

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
366
histoire des églises et chapelles de lyon

Père Cahier, à Paris, et confia le dessin des carions à Steinheil père, peintre de la Sainte-Chapelle dont Viollet-le-Duc achevait la restauration. Cette œuvre exécutée d’un seul jet, avec toutes les délicatesses d’un autre âge, demanda trois années d’un travail ininterrompu.

Depuis 1864, les vitraux de la nef étalent les sept dons du Saint-Esprit aux regards des générations d’élèves. À chaque verrière correspond l’exposé d’une des sept vertus que l’Esprit saint fait germer dans l’âme du confirmé : d’abord esquissée par un des justes de l’ancienne loi, jeune le plus souvent, comme Samuel, Daniel, David, elle est réalisée par les saints de la Loi de grâce, après que Jésus l’a inscrite, au sommet du vitrail, par un acte de sa vie mortelle. Au sanctuaire de la chapelle, les vitraux théologiques de Bourges sont reproduits dans la Nouvelle alliance, l’Apocalypse, le Jugement dernier qui enseignent la doctrine de l’Église en s’aidant des scènes émouvantes de la passion du Sauveur et de la « Légende » de la Vierge Marie. Le cycle des deux Ève et des deux Adam de notre primatiale de Lyon est reproduit à la grande rose de la façade, au-dessus du septième don : la Crainte de Dieu, qui domine la tribune de l’orgue.

L’ensemble de ces douze verrières, dit M. l’abbé Dubois, séparées par les seuls piliers de la chapelle, forme une immense mosaïque lumineuse, sans aucune ouverture fatigante pour les regards. Le verre très irrégulièrement coulé qu’on y a employé, donne mille scintillements diamantés ; et l’harmonie des nuances est celle que l’on admire dans le tissu des cachemires des Indes. »

ÉCOLE OZANAM

Édifiée en 1906-1907 sur les plans de M. Pascalon, architecte, la nouvelle chapelle de l’école Ozanam s’élève à l’angle des deux rues récemment percées, et parallèlement au monument expiatoire des Brotteaux.

Lorsqu’en 1881, M. l’abbé Girodon, disciple et collaborateur du digne abbé Thenon, vint abriter les débuts modestes d’un externat de lycéens dans la partie du vieux couvent des Capucins louée à cet effet, la possibilité d’y construire une chapelle ne fui même pas envisagée : trop de nécessités immédiates absorbèrent à la fois la sollicitude du fondateur et les ressources dont il disposait. On se contenta donc tout d’abord d’un obscur réduit resserré entre deux chambres de directeurs et aménagé vaille que vaille en oratoire commun. Les anciens de l’école ont cependant gardé un souvenir ému de cette première chapelle, « si petite, dit un spirituel chroniqueur, que la flamme timide de la veilleuse en faisait le tour plus d’une fois ».

Cette installation provisoire, devenue rapidement trop étroite pour le nombre croissant des élèves, dura trois ans à peine et fut remplacée par un édifice bien simple encore et fort éloigné de la conception classique, mais dont l’inaugural ion fui saluée comme un véritable événement.