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anciens cimetières, sainte-madeleine de la guillotière, léproserie saint-lazare

étaient pleines, les toits et les murailles chargés. Le pape, après son couronnement, descendant à la basse ville par la rue du Gourguillon et étant au-devant de la recluserie de la Madeleine, une muraille trop chargée de chauffaux (échafaudages) et de peuple, tua un assez grand nombre de personnes.

Recluserie Sainte-Madeleine au xvie siècle (d’après le plan scénographiquc de 1550).

Parmi les morts se trouvaient le duc de Bretagne, le frère du pape nommé Gaillard de Goth ; et il tint à peu que le roi de France Philippe le Bel fût accablé ; le pape tomba de cheval, sa tiare fut abattue de dessus sa tête et il s’en sépara une escarboucle prisée dix mille écus. La recluserie était depuis longtemps vide ; la chapelle Sainte-Madeleine où il ne se faisait d’autre office que la célébration de la messe à de certains jours de la semaine était administrée par un saint prêtre de l’église Saint-Jean, nommé Jacques Bardet. » Maisonnette et chapelle furent cédées aux religieuses Sainte-Claire en échange de quelques redevances que le président de Villars fit assigner au recteur de Sainte-Madeleine. Plus tard, la recluserie Sainte-Madeleine et la chapelle de Lorette furent achetées, comme on l’a vu, par les religieuses du Verbe-Incarné qui les firent démolir.


ANCIENS CIMETIÈRES. — SAINTE-MADELEINE DE LA GUILLOTIÈRE — LÉPROSERIE SAINT-LAZARE

Notre confrère M. Lenail a donné une restitution du cimetière de l’Hôtel-Dieu vers 1550 ; celui-ci avait été établi en 1526. Pour éviter la contagion résultant de cette proximité, les recteurs obtinrent, en 1672, de l’archevêque, Camille de Neuville, une ordonnance par laquelle ils purent convertir en cimetière le jardin d’une maison dite de la Madeleine, appartenant à l’Hôtel-Dieu, sise rue Bourgchanin et appelé depuis le cimetière de Lorette, parce que ce lieu, ainsi que la maison dont il dépendait, avait autrefois servi de résidence à une confrérie de pénitents de ce nom. Craignant toutefois d’y voir se renouveler les inconvénients éprouvés en 1672, ils se décidèrent à transporter ce cimetière extra muros.

Le terrain acheté en 1696 se trouvait à la Guillotière entre le château de La Mothe et l’ancienne maladrerie de la Madeleine ou Saint-Lazare. Contiguë à la chapelle de la Madeleine, fondée au xive siècle et servant de succursale à Saint-Michel d’Ainay, cette