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anciens cimetières, sainte-madeleine de la guillotière, léproserie saint-lazare

Puis, on superpose dans le même ordre une seconde couche sur la première. De cette sorte, une seule fosse reçoit pendant plusieurs années, un nombre annuel de 4.000 morts environ. Après cette première fosse on en creuse une autre, et lorsqu’on en a ainsi comblé quatre, on demande aux morts de la première fosse, la place réclamée par de nouveaux venus. »

Près de l’ancien château de La Mothe, englobé actuellement par le fort et la caserne de ce nom, bifurquait l’ancienne voie romaine. Partant du Rhône, elle suivait la rue des Trois-Pierres et arrivée à la rue Saint-Lazare donnait naissance à deux branches, la branche de gauche ou voie d’Italie, filait à l’est, le long de la rue du Béguin, sur Bron et Saint-Genis d’Aoste ; la branche de droite ou Compendium de Vienne se dirigeait au sud, Suivait la rue de la Madeleine et la route de Vienne. « Il y avait bien là, dit le Dr Drivon, les conditions exigées pour l’emplacement d’une maladrerie : en dehors, mais à proximité de la ville, au croisement des voies importantes venant d’Italie, du Midi et du Dauphiné enfin, un ruisseau, la Rize, probablement considérable à cette époque. »

Ancienne chapelle du cimetière de la Madeleine.

C’est donc à cette bifurcation que se trouvait, du côté est de la rue de la Madeleine, le tènement dit de la Madeleine, et du côté ouest la léproserie de Saint-Lazare : le tout ne formant qu’un seul hôpital dénommé indifféremment : léproserie ou maladrerie de la Madeleine, de la Guillotière, de Saint-Lazare. Cet hôpital appartenait aux religieux cisterciens de Hautecombe (Savoie), et c’est probablement leur compatriote, l’archevêque Pierre de Savoie qui, en 1308, le leur avait concédé en même temps que la direction de l’œuvre du pont du Rhône, ou pont de la Guillotière, et celle de l’hôpital, grand hôtel-Dieu, primitivement dirigé par les confrères du Saint-Esprit. Dans la suite, tous ces bâtiments, chapelle, maladrerie disparurent ; des maisons de rapport y furent construites, et de nos jours il ne reste plus du souvenir de l’état ancien que les noms de rue de la Madeleine et rue Saint-Lazare. Non loin de là se trouvait aussi l’ancien cimetière de la Guillotière ; il était « adossé à l’église paroissiale Notre-Dame de Grâces fondée à la fin du xive siècle et rebâtie en 1619 par le chevalier d’Ossaris sur l’emplacement occupé actuellement parla place de la Croix établie en 1834. Le cimetière, qui était très petit, étant devenu insuffisant, en 1794, la municipalité fit creuser à ses frais une fosse au cimetière de la Madeleine afin de pouvoir y enterrer le surplus des corps que le cimetière de la ville ne pouvait recevoir, vu son exiguïté.

« Le sol du cimetière de le Madeleine étant de plus en plus saturé, les habitants de la Guillotière en demandèrent à diverses époques la suppression. Le conseil municipal de la Guillotière se fit l’écho des plaintes des habitants, et dans ses délibérations du 9 novembre