Page:Martin - Histoire des églises et chapelles de Lyon, 1908, tome II.djvu/440

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histoire des églises et chapelles de lyon

De plus, on lui fui redevable de la chapelle de l’Annonciade, érigée en 1471, enrichie de précieuses indulgences, sur sa prière, par le pape Sixte I"’, où il demanda de recevoir la sépulture, où l’on lit toujours, sur une large plaque de marbre, un peu trop dans l’ombre, la gratitude que lui vouèrent les religieux, longuement et lyriquement exprimée en soixante-seize vers léonins, hexamètres et pentamètres, se terminant par ce souhait ambitieux, mais en très bonne voie de réalisation :

Inclita quem quondam genuit sic Itala tellus
Francia perpetuum jam nunc servabis honorem ;
De Rovedis nomen nullum moriatur in œvun.
Inscription dédicatoire encastrée dans la façade de l’église.

L’église désormais s’offrait au regard, dans toute son étendue, 70 mètres de longueur sur 30 de largeur : la voûte en ogive surbaissée ; les trois nefs, séparées par huit arcades, dont les colonnes, qui les portent, ont des chapiteaux sans ornement ; son abside demi-hexagone, percée de cinq fenêtres, ses seize chapelles latérales, irrégulières de style, mais déjà pleines d’œuvres d’art. On crut le moment propice de lui donner une seconde bénédiction et un nouveau patron. Le suffragant, Étienne de la Chassagne, évêque titulaire d’Utique, célébra celle dédicace et saint Bonaventure, le docteur séraphique, la lumière du seizième concile œcuménique, fut adopté et proclamé pour titulaire. Il y avait cinquante ans, déjà, que ses restes avaient été transportés, près du maître-autel, contre la muraille, à l’endroit où ont été percés, en 1846, les deux arcs qui mettent en communication le sanctuaire et la chapelle latérale de gauche. Depuis deux ans, depuis le 18 mai 1482, l’illustre maître général, dont le gouvernement avait assuré à l’ordre une paix si désirable et de si sages règlements, était élevé sur les autels ; son culte, devenu officiel par la bulle de canonisation, si répandu à l’avance parmi les habitants de Lyon, atteignit bientôt une extrême popularité ; les pèlerinages se multiplièrent à son tombeau et des actes officiels de l’Échevinage, des rois et des reines de France, de nos gouverneurs et de nos archevêques, ne tardèrent pas à publier que son intercession n’était pas moins.