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histoire des églises et chapelles de lyon

acquise par l’œuvre des Pauvres de Saint-Bonaventure, séparée définitivement de celle de Saint-Nizier, et en possession des capitaux, qui lui avaient été attribués, dans le partage de la fortune commune. Elles y occupèrent d’abord le premier étage ; une aubergiste, à l’enseigne de l’hôtel de Valence, tenait le reste, et, son bail à la main, refusait de déloger.

Vitrail de la Sainte-Famille, à Saint-Bonaventure.

Son insolvabilité hâta heureusement son départ et les sœurs disposèrent de la totalité de l’immeuble. Rappellerons-nous de quels ennuis, pendant plus d’un quart de siècle, cette maison avait été l’irritante origine ? les usurpations, dont elle avait fourni le prétexte ? les servitudes, plus que désagréables, qu’un droit de mitoyenneté douteux avait peu à peu engendrées ? L’occasion était propice pour s’en exempter à jamais ; mais, par une grâce d’état, qui n’est pas aussi rare qu’on se l’imagine, devenus propriétaires, les fabriciens n’aperçurent plus les incommodités des mêmes yeux qu’autrefois ; la fenêtre bouchée resta tout aussi obscure ; l’escalier, montant au clocher, ne fut pas rendu libre, et, qu’on me pardonne de l’avouer, quelques empiétements nouveaux, qu’évidemment on ne maudissait plus sous ce nom-là, apportèrent aux souffrances anciennes, un poids auquel on a fini par s’accoutumer, avec une imprévoyance fatale.

Le temps ne refroidissait ni l’amour, ni l’orgueil de M. Pater, pour ses chers Cordeliers. À soixante-dix ans, il rêvait encore de bâtir et, comme le vieillard de la Fable, il aurait morigéné, sans vergogne, de plus jeunes que lui, assez osés pour plaisanter sa témérité ou ses illusions. Il s’attaqua, cette fois, à la façade et résolut de la réédifier, de la base au sommet. Depuis le 24 octobre 1837, que les plans de l’architecte avaient été adoptés, en séance fabricienne, on avait attendu, avant d’abattre les clochetons branlants et écornés de Simon de Pavie, des fonds pour les remplacer. M. Pater, qui entretenait avec les pouvoirs publics les plus cordiales relations, pensa leur faire appel et écrivit à M. Vaïsse les graves raisons, qui appuyaient cette demande de secours. Le sénateur, préfet du Rhône, répondit, le 5 décembre 1857, une obligeante lettre et annonça que la commission munici-