Page:Martin - Histoire des églises et chapelles de Lyon, 1908, tome II.djvu/490

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histoire des églises et chapelles de lyon

celle figure féminine eût jeté plus de variété dans le concile d’évêques, un peu trop uniformes d’attitude hiératique. Après avoir contribué à l’enchantement des yeux, le curé songea à satisfaire les oreilles, car tous les sens mènent à Dieu, et tous les arts contribuent à servir la religion. Dès avril 1882, il proposa un projet de réparation des orgues, dont la dépense n’atteignait pas moins de 25.000 francs. À la vérité, le conseil regimba et ajourna indéfiniment le vœu qui lui était soumis ; trois ans après, M. Méchin revient à la charge ; cette fois, il s’est muni d’un argument, auquel on ne résiste que rarement ; il prend à son compte les trois quarts des frais : encore ne sollicite-t-il une subvention qu’afin de ne pas écarter les fabriciens d’une œuvre, qui a toutes les sympathies des paroissiens. L’instrument, si l’on s’en souvient, datait de 1845 et du curé Pater ; il est vrai qu’en 1861, sous la direction d’un des plus habiles maîtres de chapelle, M. Neyrat, aujourd’hui doyen du chapitre primatial, il avait reçu des accroissements et des remaniements, qui avaient doublé sa puissance et sa sonorité ; mais un usage de quarante ans est capable de détendre les meilleures cordes et de nuire aux ressorts les plus résistants ; on s’adressa à M. Merklin, un facteur réputé, installé depuis peu à Lyon et dont la mode, d’accord avec le vrai mérite, s’était emparé ; l’expertise approuva le renouvellement qu’il avait opéré, et le public, invité le 23 janvier 1887, à l’inauguration solennelle, la troisième du siècle, accourut en foule et goûta un concert spirituel d’une impeccable exécution.

D’autres travaux plus importants succédèrent à ceux que nous avons énumérés jusqu’ici : loin de s’éteindre ou de se calmer, le zèle du vénérable M. Méchin paraissait s’enflammer davantage, à mesure que ses tentatives arrivaient à bon terme ; il était moins déliant de ses forces et plus sûr des appuis qu’il se créait. L’inspiration lui vint de restaurer les chapelles, qui ne l’avaient été que d’une façon provisoire ou sommaire, dont l’état d’humilité contrastait avec les richesses du Sacré-Cœur et de la Sainte Vierge. Il jeta son dévolu sur les trois, dédiées à saint Luc, saint Joseph, et saint Antoine de Padoue.

La première occupe le second rang, en entrant dans la petite nef gauche ; bâtie par Simon de Pavie, dont elle garde le tombeau et l’épitaphe, elle avait eu d’abord pour vocable l’Annonciade ; en 1619, concédée aux peintres et aux vitriers, après d’assez vifs débats, en remplacement d’une autre qu’ils prétendaient leur appartenir et qu’on avait réservée à la confrérie du Cordon de saint François, le patronage de saint Luc et de saint Clair fut substitué à celui de Marie, enfantant le Verbe divin ; M. Méchin souhaita la consacrer à saint François d’Assise, le fondateur des frères Mineurs, le véritable titulaire, pendant plus de deux cents ans, de l’église, où il n’avait plus un autel, sous son nom. La corporation des peintres s’était retirée depuis longtemps ; une lettre, envoyée par leur secrétaire Mathieu Ninaul, le 10 janvier 1820, nous apprend qu’ils étaient dans l’incapacité de tenir leurs engagements, de veiller à l’entretien de la chapelle et de faire chanter la messe de leur fête. Depuis, le lieu avait servi d’entrepôt et de débarras. Le changement s’opéra aussi rapidement qu’avec opportunité. La fenêtre fut ornée d’un vitrail, commandé à Champigneul, de Paris, et payé à moitié par le Dr Desgranges : il représente quatre sujets tirés de la vie du Poverello d’Assise : 1° l’impression des stigmates ; 2° la guérison de l’enfant de Jeanne de Fidenza ; 3° l’invention du cantique au soleil, accompagné