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notre-dame de fourvière

jaune de Sienne. Cette énumération et, les descriptions, qui la précèdent, n’épuisent, pas les richesses symboliques de l’Ex-voto monumental, mais elles donnent, croyons-nous, une idée de la splendeur de l’édifice, de son caractère, de sa physionomie, et de la pensée profondément religieuse qui a présidé à sa conception.

La reine des Prophètes, vitrail de la basilique.

Longtemps encore, Fourvière sera discuté, et nous croyons avoir indiqué la cause du désaccord, dans l’observation faite plus haut, à savoir que cette œuvre considérable est née de deux origines, qui semblent à plusieurs inconciliables : l’antique et le moyen âge. Comment oser rapprocher, pour en former un corps vivant, les formes que nous donne le mysticisme du moyen âge et celles inventées par le génie de la Grèce. La Grèce s’éprend des beautés du corps humain, et transporte dans ses temples les proportions divines qu’elle y rencontre. Le moyen âge, au contraire, oublie ces proportions, exalte son architecture, jette audacieusement ses voûtes dans l’espace, donne à la colonne un élancement prodigieux, mais conserve à sa base la délicatesse de profil, que la main peut caresser, que l’œil peut saisir et mesurer, et si la proportion du corps humain est abandonnée, l’homme lui-même devient l’échelle du monument, de telle sorte que « le spectateur, trouvant partout un point de comparaison avec lui-même, sent toujours sa petitesse devant la grandeur de l’ensemble ».

Si tel est le contraste que présentent ces deux grandes époques de l’art, on jugera plus qu’audacieuse la tentative de Bossan. Certes, si l’architecte se fut contenté de prendre