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histoire des églises et chapelles de Lyon

naufrage de la Révolution, soit huit pour Saint-Just et six pour Saint-Irénée. Pour les mêmes motifs, une mesure semblable fut prise, en 1831, pour la paroisse Saint-Georges et dès lors, à côté de l’œuvre générale qui n’eut plus pour objet que la distribution des portions, on trouve l’œuvre particulière de Saint-Jean qui lit bénéficier ses pauvres des 5.000 francs de quêtes et des annuités des Dames.

Nous voici à l’époque où, sous l’épiscopat de Mgr de Pins, on voit l’œuvre s’accroître rapidement. Le 5 août 1839, M. Charpentier, demeurant quai Saint-Clair, 5, fit une donation de 32.000 francs aux Filles de la Charité de Saint-Jean pour fonder une Providence en faveur de six jeunes filles orphelines de Saint-Jean et de Saint-Georges. La donation ne pouvait être autorisée parce que les sœurs n’avaient point d’existence légale. La demande en fut faite, paraît-il, et n’aboutit pas, par suite de l’opposition de la communauté, dit une lettre de M. Gilardin, président du Bureau de bienfaisance du 6° arrondissement. M. Charpentier disposa alors de la somme de 32.000 francs pour sa providence en faveur du cardinal de Bonald. La maison Lagneau, rue Saint-Pierre-le-Vieux, 9, fut achetée en son nom, le 10 novembre 1842, au prix de 20.000 francs. Les 12.000 francs restants devaient produire un revenu pour l’œuvre. La maison des sœurs ayant reçu l’autorisation légale, le 30 mai 1855, le cardinal lui fit cession de la maison Lagneau, le 22 octobre suivant.

Un important accord fut conclu, le 16 août 1842, entre la ville de Lyon et le bureau de bienfaisance du 6e arrondissement, représentant les sœurs et l’œuvre, au sujet du percement de la rue du Doyenné. La ville, est-il dit dans l’acte, a depuis longtemps conçu le projet de faire communiquer la place Saint-Jean avec celle Saint-Georges par l’ouverture de cette rue. Ce projet avait même reçu un commencement d’exécution depuis l’archevêché jusqu’à la rue Saint-Pierre-le-Vieux ; là, on fut arrêté par la difficulté de trouver un local pour loger les sœurs en attendant la reconstruction de leur maison qui arrivait jusqu’à la rue Dorée et qui était condamnée à être démolie pour faire place à la nouvelle rue. Une intéressante lettre de M. Gilardin à M. Terme, maire de Lyon, en date du 17 avril 1841, révèle une autre difficulté. La municipalité avait la prétention de disposer de celte maison comme de son bien propre, par la raison que le bureau de bienfaisance en était le propriétaire légal. M. Gilardin montre, en faisant l’historique de l’œuvre, que la maison est la propriété indivise des sœurs et de l’œuvre Sainte-Françoise, et que c’est parce que ni l’une ni l’autre n’a d’autorisation légale que le bureau en est le représentant légal. Un mémoire, daté d’avril 1840, faisait remarquer à la municipalité que si un propriétaire peut céder de son droit, les mandataires des pauvres ne sauraient consentir au plus léger sacrifice qui compromettrait leurs intérêts. Enfin la ville s’étant fait autoriser, le 3 mai 1841, à recourir à l’expropriation, on traita de gré à gré. Elle donna 70.000 francs pour la démolition de la maison et la cession d’une bande de 8 mètres ; on ajoutait 3.000 francs d’indemnité pour le déplacement des sœurs. Outre le logement des sœurs et le local pour le service des pauvres, la maison qu’on allait démolir comprenait des parties louées dont on retirait un revenu annuel de 736 francs ; peut-être s’agit-il du local où on faisait des classes avant la Révolution.