Page:Mary Summer - Histoire du Bouddha Sakya-Mouni, 1874.djvu/110

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tout bas, ce pauvre peuple, accolant malicieusement le nom des rois à celui des voleurs ; c’est la seule protestation que les âges nous aient transmise.

Quant à la situation du sexe féminin, elle était aussi honorable que cela est compatible avec les mœurs orientales. Si les Indiens respectaient dans la femme la mère de leurs enfants, ils se méfiaient de son jugement et de ses lumières. Que de jeunes filles séduites, de femmes trahies, de veuves opprimées, étaient victimes d’abus monstrueux et gémissaient sous une tutelle voisine de l’esclavage !

L’égalité n’existait même pas devant la science. Les éléments de la grammaire, de la philosophie et des principales connaissances humaines, étaient résumés, enfouis, si j’ose m’exprimer ainsi, dans des aphorismes d’une brièveté étudiée, dont quelques savants possédaient seuls la clef ; on les développait dans des écoles qui n’étaient ouvertes qu’aux trois castes supérieures. La pensée qui avait dicté l’exclusion d’une quatrième classe se démêlait clairement : laisser le peuple dans l’ignorance, n’était-ce pas le plus sûr moyen de le tenir à distance ?

Dans cette société corrompue, d’une civilisation avancée, la politique et la diplo-