Page:Mary Summer - Histoire du Bouddha Sakya-Mouni, 1874.djvu/112

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laient des sages, et ressemblaient aux animaux de la forêt. Parfois, quittant leur rocher ou leur cabane, ils venaient dans les villes prêcher une foule ignorante qui les écoutait avec avidité. Mais, les gens bien élevés se détournaient avec dégoût ; les femmes surtout, depuis la fille de roi jusqu’à la plus humble servante, toutes protestaient contre tant d’impudeur.

Un mélange de raffinement et de grossièreté, la science d’un côté, l’abâtardissement de l’autre, la domination des castes supérieures et l’esclavage du peuple, voilà donc l’état de la société indienne lorsque parut le hardi novateur, qui a nom Sâkya-Mouni. Dans ce monde factice, hérissé de barrières et de préjugés, il renverse toutes les idées reçues ; ce fils de roi, qui s’est fait mendiant, ne tient nul compte des castes ; à ses yeux il n’y a que des hommes, égaux devant la douleur comme devant le salut. Il l’a dit lui-même : « La loi que j’apporte est une loi de grâce pour tous. » À l’inverse des Brahmanes, il s’efforcera de mettre la doctrine à la portée des petits et des humbles ; il rendra à l’humanité souffrante ses droits imprescriptibles : c’est le secret de sa force et du prestige qu’il exercera sur tous ses contemporains.