Page:Mary Summer - Histoire du Bouddha Sakya-Mouni, 1874.djvu/114

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vêtements pour se revêtir plus vite de la robe du religieux.

Son père vient lui-même le réclamer au Bouddha ; il s’indigne, il menace ; c’est son fils unique qu’on veut capter et qu’on affuble d’un accoutrement ridicule. À ces injures le maître répond avec sa voix pleine de charme, et le père irrité se calme soudain ; trop vieux pour faire un religieux, il sera au moins un Oupâsaka « dévot ». Il se jette aux pieds de Siddhârtha, et le supplie de venir prendre le riz dans sa maison.

L’étonnement de chacun fut grand, quand on vit s’avancer, derrière le Bouddha, le nouveau mendiant, aux yeux baissés, à la contenance recueillie. À peine reconnaissait-on le beau, le dédaigneux Yasa, dont les folies et les amours avaient occupé tout Bénarès. La conversion d’un pauvre hère eût excité les moqueries ; mais celle d’un homme si bien posé devait produire des imitateurs. « Quelle est donc cette loi puissante qui a subjugué notre ami ? » se dirent plusieurs compagnons du nouveau converti, et ils allèrent trouver le Bouddha, qui les instruisit aussitôt.

Lorsque la saison des pluies fut passée, le maître se mit en route pour Ourouvilva. On comptait déjà soixante et un religieux.