Page:Mary Summer - Histoire du Bouddha Sakya-Mouni, 1874.djvu/115

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Ils s’en allaient à travers les villes et les campagnes, récitant ces deux stances que la foule écoutait avec curiosité :

« Commencez, sortez de la maison ; appliquez-vous à la loi du Bouddha ; renversez l’armée de la mort, comme un éléphant renverse une hutte de roseaux ;

Car celui qui marchera sans distraction dans cette discipline de la loi, après avoir échappé à la succession des naissances, mettra un terme à la douleur. »

On aime à revoir les lieux où l’on a souffert. Aussi Sâkya prit plaisir à s’installer, avec sa pieuse caravane, au milieu de cette forêt dans laquelle il avait failli mourir. On trouvait partout, à Ourouvilva, des sources vives et de frais ombrages. Sur les bords de la Nairanjana, les roseaux atteignaient à la hauteur des grands arbres ; et, à travers les jongles, on pouvait apercevoir la silhouette superbe de ces éléphants que les poëtes comparent à des collines.

Cette solitude attirait les visiteurs ; trente jeunes nobles y vinrent passer quelques jours, et chasser à outrance le tigre et l’antilope. C’était presque une partie de garçons : les uns avaient amené leurs femmes et les autres leurs maîtresses. Singulier mélange ! Il est vrai que, dans d’au-