Page:Mary Summer - Histoire du Bouddha Sakya-Mouni, 1874.djvu/136

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à la mollesse, la couleur sombre de la couverture, le tapis neuf auquel on doit toujours ajouter un morceau du vieux tapis, la robe qu’il faut salir de taches et de poussière, tout est d’une logique impitoyable. « Tu ne posséderas rien, tu ne jouiras de rien, » répète sans cesse celui qui a dérobé un linceul pour s’en revêtir. Il va jusqu’à refuser à ses prêtres un des plus doux priviléges de l’homme, celui de soulager la misère d’autrui. Les religieux recevront l’aumône sans jamais la faire. Et les sens, comme il les traite ! comme il les dompte ! S’il repousse les mortifications insensées du Brahmanisme, le jeûne lui semble un moyen d’affaiblir les passions et de subjuguer le corps, en faisant dominer le principe spirituel. Sâkya ne permet qu’un repas par jour ; on mangera sans avidité, et sans choisir les morceaux, ce que la charité aura laissé tomber dans le vase aux aumônes. Point de variété dans la nourriture : toujours du riz, des racines et des fruits. La viande, le beurre, le poisson et le sucre seront tolérés seulement en cas de maladie. Le moyen, avec un pareil régime, de succomber au péché de gourmandise !

Il est d’autres surprises des sens que le Bouddha redoute plus encore. Un reli-