Page:Mary Summer - Histoire du Bouddha Sakya-Mouni, 1874.djvu/142

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feux s’allument de tous côtés ; les arbres frissonnent sous une brise imperceptible ; les poitrines se dilatent ; la lune élève peu à peu son disque jaunissant ; la nuit s’approche ; le jour est fini.

Quel silence sous les ombrages de Djêtavana ! c’est bien l’heure du recueillement, le vrai moment de songer à l’éternité. Le Bouddha est étendu sur une natte, la tête appuyée sur des coussins ; il souffre, comme un simple mortel, d’une maladie d’estomac, pour laquelle il a dû réclamer les soins d’un médecin. Sâripoutra et Maudgalyâna, les disciples de la main droite et de la main gauche[1], sont debout aux côtés de leur maître. Les deux ascètes touchent à la maturité de l’âge ; leurs visages sont rudes ; leurs physionomies sévères ne reflètent aucune passion ; ils ne comprennent plus les faiblesses humaines, et semblent déjà planer dans le Nirvâna. Ils n’ont pas le regard brillant, les traits fins et mobiles de Kâcyapa, ce grand théologien, qui devait présider un concile et rédiger une partie de la Triple Corbeille[2]. Si désormais il s’incline devant l’autorité du Bouddha, on reconnaît toujours en lui l’homme qui a commandé

  1. V. l’Index.
  2. V. l’Index.