Page:Mary Summer - Histoire du Bouddha Sakya-Mouni, 1874.djvu/167

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


d’hérétiques. Il se lia avec le fils du roi Bimbisâra, Adjâtasatrou[1], disposé, en qualité d’héritier présomptif, à faire de l’opposition au gouvernement. Rongés tous deux par l’envie et l’ambition, Dêvadatta et Adjâtasatrou étaient dignes de se comprendre. Le religieux démontra à son auguste ami que le pouvoir était surtout agréable dans la jeunesse, et qu’il était facile de précipiter les jours de celui qui s’attardait sur le trône. Cette éloquence diabolique rencontra un auditeur docile et convaincu d’avance. Le cœur manqua au fils pour tremper ses mains dans le sang paternel ; mais il s’assura de la personne du roi, et le laissa en prison se consumer dans les angoisses de la faim. Dêvadatta vint réclamer le prix de ses conseils. Ce n’était plus le religieux hypocrite ; il parlait à Adjâtasatrou avec l’assurance que donne la complicité d’un crime. Le vieux roi n’était plus là pour protéger Sâkya ; il fut décidé que trente archers s’embusqueraient aux environs de Vênouvana pour tuer le Bouddha. Dès qu’ils l’aperçurent de loin, subjugués par un charme invincible, ils vinrent se jeter à ses pieds et se convertirent aussitôt.

  1. V. l’Index.