Page:Mary Summer - Histoire du Bouddha Sakya-Mouni, 1874.djvu/168

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Dêvadatta ne se fia plus qu’à lui-même. Un jour que le Bouddha traversait une vallée, il fit choir, du haut de la montagne, un bloc qui devait infailliblement écraser son cousin. Un obstacle arrêta la masse roulante dont un éclat vint seul frapper l’orteil de Sâkya. Le médecin Djivaka appliqua immédiatement un appareil sur la blessure qui était légère, et ne tarda pas à se guérir. Dêvadatta fit une troisième tentative. Les animaux ne risquaient pas d’être charmés comme les hommes : un éléphant fut enivré, au moyen d’une liqueur fermentée, et lâché dans les faubourgs de Râdjagriha. Le Bouddha s’avançait alors calme et majestueux, tenant à la main la sébile aux aumônes ; peuple et disciples, tout le monde tremblait. Quelle ne fut pas la surprise de chacun, lorsqu’on vit l’éléphant s’arrêter dans sa course furieuse et saluer respectueusement le maître. Il y a même des légendes qui prétendent que l’éléphant écouta la loi et devint un Bouddhiste fervent. Qui sait si cet intelligent animal n’avait pas été philosophe dans une existence précédente ?

Le roi lui-même favorisait ces complots, et assurait l’impunité à Dêvadatta. L’ami et le protégé de Bimbisâra devait être haï et persécuté par Adjâtasatrou ; mais une