Page:Mary Summer - Histoire du Bouddha Sakya-Mouni, 1874.djvu/39

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Tout à coup le deuil succède à tant de joies. Mâyâ ne devait plus revoir la ville que, sept jours auparavant, elle quittait entourée du prestige royal, dans toute la plénitude de la vie, et entrevoyant déjà le bonheur de la maternité. Faut-il les envier ou les plaindre ces jeunes créatures qui partent avant l’heure, emportant leurs illusions et laissant derrière elles un souvenir radieux ? La reine, pleurée de son époux et de son peuple, meurt pour renaître bientôt au Touchita. Ne nous attendrissons pas trop sur son sort. Le Lalitavistara prétend que les dieux voulaient éviter à cette mère le chagrin de voir son fils la quitter pour embrasser l’état religieux. C’était prévoir les choses d’un peu loin, et nous préférons la tradition birmane : après avoir été la demeure d’un Bouddha, le sein de Mâyâ était devenu une place trop sacrée pour qu’aucun autre l’occupât jamais.

L’orphelin venait d’être ramené en pompe à Kapilavastou, lorsqu’un ermite se présenta sur le seuil du palais. Asita « le noir » habitait bien loin par delà l’Himâlaya. Retiré sur le flanc d’une montagne, il pratiquait depuis des années des austérités extraordinaires. Une vue surnaturelle lui avait fait connaître la