Page:Mary Summer - Histoire du Bouddha Sakya-Mouni, 1874.djvu/58

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nourrissant un homme au lieu de le manger, comme on aurait pu s’y attendre. Tour à tour cheval ou ermite, fils de roi ou éléphant, j’ose à peine dire qu’il est descendu au métier de perroquet. Probablement, dans quelque existence antérieure, il avait péché par la langue ; mais, là encore, il s’était montré le modèle des perroquets, et, l’arbre qui lui avait servi de perchoir étant venu à mourir, l’oiseau fidèle n’avait pas abandonné son vieil ami. Celui qui fut si plein de compassion pour les misères du corps, doit prendre en pitié les misères de l’esprit. Le moment est venu pour lui de prêcher la loi, et de désaltérer, avec l’Amrita[1], ceux que la soif tourmente. « La vie de l’homme passe aussi vite que le torrent qui coule de la montagne ; les sens sont les piéges où s’embarrassent les créatures, comme dans le piége du chasseur tombe un jeune singe. Les désirs engendrent l’ignorance et l’oubli. Jeune, beau, riche, l’ignorant est aimé et approuvé dans toutes ses actions ; quand la vieillesse et la maladie ont effacé l’éclat de son corps, quand sa fortune diminue pour faire place à la misère, on l’aban-

  1. L’Amrita, l’élixir de vie, le breuvage des dieux ; littéralement : l’immortalité.