Page:Mary Summer - Histoire du Bouddha Sakya-Mouni, 1874.djvu/59

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donne sans retour, comme les gazelles s’éloignent d’une rivière desséchée. Autrefois on aimait à le rencontrer ; maintenant on s’en détourne, comme d’une maison en ruine ou d’un arbre abattu par la foudre. La vieillesse, qui ravit la beauté, l’énergie, la fortune, a pour terme la mort. Ainsi la créature agréable et aimée disparaît pour toujours, pareille à la fleur et au fruit tombés de l’arbre. La mort rend impuissant le puissant ; la mort entraîne la créature comme le fleuve entraîne le pin qu’il a déraciné, et l’homme s’en va, tout seul, répondre de ses œuvres. » Ainsi parlent les dieux.

Le futur Bouddha se dresse sur sa couche ; il saisit ce discours qu’il avait pressenti, et ce qui lui semblait obscur s’éclaire à ses yeux. Autour de lui personne n’a rien entendu ; les musiciennes chantent toujours ; les almées continuent leurs danses provoquantes ; au sein du luxe et des voluptés il a compris qu’ici-bas tout est folie, mensonge et vanité. Il restera désormais étranger à ces plaisirs qu’il méprisait déjà. En vain le roi multiplie ses dons et fait bâtir, à l’usage de son fils, trois palais pour chacune des saisons ; Gôpâ redouble de tendresse. Qu’importent au jeune homme les biens et les joies de