Page:Mary Summer - Histoire du Bouddha Sakya-Mouni, 1874.djvu/65

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lui-là seul est heureux, pense-t-il, qui a dompté ses sens ; moi aussi j’arracherai de mon cœur les lianes du désir ; l’entrée en religion sera mon refuge et deviendra pour moi le fruit de l’immortalité. »

Étrange coïncidence ! au même moment, un messager vient lui apprendre que la princesse a mis un fils au monde[1]. C’est un nouveau lien à briser ; Siddhârtha accueille froidement l’heureuse nouvelle ; le front soucieux, il s’assied au banquet de réjouissance qui a lieu dans la grande cour du palais ; il rentre fatigué dans ses appartements, et s’endort sans jeter un regard sur les créatures qui s’évertuent à le distraire. Au bout de quelques heures, il s’éveille ; les danseuses à leur tour ont cédé au sommeil ; ce n’est pas toujours l’état le plus favorable à la beauté, et les dieux, pour montrer au jeune homme le néant de toute chose, ont encore rembruni le tableau. Les voilà, ces filles qui font métier de plaire, étendues à terre, leurs vêtements en désordre ; les unes toussent ou grincent des dents ; les autres rient ou se plaignent au milieu

  1. Nous suivons ici la tradition du sud. Celle du nord fait naître le fils de Siddhârtha bien plus tard.