Page:Mary Summer - Histoire du Bouddha Sakya-Mouni, 1874.djvu/80

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sur lui, et des villageoises vinrent chaque jour lui apporter sa nourriture. Les traces du jeûne commençaient à s’effacer. Siddhârtha s’avisa de songer à sa toilette, qu’il avait négligée dans la forêt. Son corps était dans un état de nudité complète. « Si je trouvais, pensa-t-il, quelque toile pour cacher ce qu’il faut cacher, ce serait bien. »

Le scrupule était honnête ; mais, pour s’équiper convenablement, le sage eut recours à un singulier expédient. On venait d’enterrer une fille du village ; il entra dans le cimetière, et, creusant la terre avec son pied gauche, il prit le linceul.

Voyez-vous ce fils de roi, fuyant comme un fantôme, avec ce linceul dérobé aux épaules de la jeune morte ? Il veut laver le linge impur ; un étang sort de terre à son commandement ; il manque une pierre plate pour étendre la toile ; un dieu vient lui-même l’apporter. Sâkya entre bravement dans l’eau, et fait en conscience l’office de blanchisseur. Puis, cousant le linceul, il se façonne une robe de Mouni[1]. Sous ce récit fantastique et presque puéril,

  1. Le lieu où se passa cet événement fut nommé Pansoukoulasivana « couture du linceul. »