Page:Massenet - Mes souvenirs, 1912.djvu/159

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


CHAPITRE XVI

UNE COLLABORATION À CINQ



Selon mon habitude, je n’avais pas attendu que Manon eût un sort, pour tracasser mon éditeur Hartmann et mettre son esprit en éveil afin de me trouver un nouveau sujet. À peine achevais-je mes doléances, qu’il avait écoutées en silence, la bouche rieuse, qu’il alla à son bureau et en retira cinq cahiers d’un manuscrit reproduit sur ce papier à teinte jaune, dit pelure, bien connu des copistes. C’était le Cid, opéra en cinq actes, de Louis Gallet et Édouard Blatt. En me présentant ce manuscrit, Hartmann eut cette réflexion à laquelle je n’avais rien à répondre : « Je vous connais. J’avais prévu l’accès !… »

Écrire un ouvrage d’après le chef-d’œuvre du grand Corneille, et en devoir le livret aux collaborateurs que j’avais eu lors du concours de l’Opéra impérial : la Coupe du roi de Thulé, où j’avais failli enlever le premier prix, ainsi que je l’ai déjà dit, tout cela était fait pour me plaire.